Le champ politique national vit au rythme d’une excitation qui va crescendo au fur et à mesure que l’on s’approche des élections législatives prévues en 2007.
Il s’agit d’une agitation inédite dans l’histoire politique marocaine. Car, lors de toutes les élections précédentes, les partis politiques participant à la course aux sièges parlementaires étaient clairement classés et l’on savait donc qui voulait quoi. Les éventuelles alliances, qu’elles soient d’ordre pré ou post-électoral, n’étaient pas un mystère. On savait qui pouvait s’allier avec qui.
Mais, aujourd’hui, la situation est différente. La confusion est totale.
Toutes les alliances sont possibles. Et toutes les coalitions sont acceptables. Les prémisses de cette permissivité totale sont apparues au lendemain des élections législatives de 2002. On avait alors assisté à une valse politique originale où des leaders politiques de droite comme de gauche frappaient à toutes les portes à la recherche d’une alliance. N’importe laquelle, pourvu d’arriver au gouvernement. Finalement, cette situation allait conduire à la création d’un gouvernement regroupant six partis dans une coalition jusque-là inconcevable puisqu’elle réunit les formations de la Koutla à ceux-là mêmes qu’ils taxaient de partis de l’administration.
Le seul parti ayant une représentativité qui est resté en dehors de cette coalition est le PJD. Bien qu’ils aient essayé aussi de faire partie de la coalition formée par Jettou.
Aujourd’hui, la situation a changé : le PJD veut faire partie du gouvernement. Il sait que le moment est venu pour lui d’accéder aux postes de pouvoir. Il s’agit même d’une question de vie ou de mort pour lui. Car, ses bases commencent à se fatiguer et ses cadres sont de plus en plus impatients. Seule l’entrée au gouvernement pourrait maintenir le dynamisme au sein du parti.
De l’autre côté, on a la gauche, notamment l’USFP, qui, en 2007, aura passé près de dix ans au pouvoir sans marquer de son empreinte ce passage. Au sein de cette formation, il y a le malaise. Les bases sont frustrées et la direction a du mal à se rénover. Pour l’USFP aussi, quitter le gouvernement serait peut-être dangereux. Car, il lui serait impossible de faire de l’opposition telle qu’elle le faisait avant l’alternance.
Le PJD et l’USFP cherchent donc à faire partie du prochain gouvernement. Mais, les deux ont du mal à convaincre leurs bases respectives qu’ils peuvent être ensemble dans une même équipe gouvernementale sachant que l’écart idéologique qui les sépare est énorme.
Aussi, les deux ont mis en marche une stratégie pour préparer leurs bases à une éventuelle alliance. D’où les différentes déclarations de certains dirigeants USFP en faveur d’un rapprochement entre les formations islamiste et socialiste ainsi que l’article publié sur les colonnes du quotidien Attajdid porte-parole des islamistes du PJD traçant une feuille de route pour une future alliance.
La stratégie PJD-USFP commence donc à prendre forme. Et l’on doit s’attendre, dans les prochains jours, à un rapprochement de plus en plus manifeste des deux partis.








