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Hassan Kettani : La violence du verbe…

Depuis juillet-août 2002 et jusqu’à tout récemment, son nom et sa photo étroitement sont liés au groupuscule de la «Salafia Jihadyia». «une invention de la presse et des PV de police», ont fait régulièrement la «Une» de presque tous les supports médiatiques écrits. Hassan Kettani, qui est actuellement en détention à la prison de Salé, est accusé d’appels à la haine et à la violence. Après une série d’arrestations opérées dans les milieux intégristes, les services de sécurité s’intéressent à l’imam de la Mosquée Mekka de Salé, qui s’était déjà distingué en 2001 en qualifiant d’anti-musulmans tous ceux qui s’étaient solidarisés avec les victimes de l’attentat du 11 septembre. Il est convoqué le 31 janvier 2003. S’ensuit un va-et-vient entre la mosquée  et le commissariat. Le lendemain, rebelote. Et il est incarcéré durant les premiers jours de février, pour être libéré le 7 du même mois. Alors qu’il est de nouveau recherché par la Police Judiciaire, il disparaît alors de la circulation et trouve refuge chez Abdelkrim El Khatib, le chef du Parti de la Justice et du Développement (PJD).  Le 19 février, Hassan Kettani est de nouveau aux mains de la police et depuis il est toujours en détention à la prison de Salé. La corrélation est vite faite entre les faits dramatiques et atrocement sanglants dont se sont rendus coupables les groupuscules de la Salafia Jihadia et ses prêches, dans lesquels il prône notamment l’instauration de la charia pour la réforme de la société. Ce qui peut permettre beaucoup d’interprétations et questionnements. 
La Mosquée Mekka sera d’ailleurs officiellement fermée le 23 août 2002 pour des travaux de réfection. Né à Salé en 1972, Hassan Kettani se pose en réformateur non-violent et revendique de la salafia. Selon lui, il s’agit d’une école de pensée qui s’inscrit dans la droite ligne malékite, aussi vieille que la venue de l’Islam au Maroc.  En réponse aux accusations de constitution de groupuscules, il affirme que la salafia coule tellement de source historique continue qu’elle n’a nul besoin de structures organisées ou de groupuscules constitués. Hassan Kettani est issu d’une famille dont le nom est étroitement lié à la théologie. Son grand-père Mohamed Al Mountassir, était professeur universitaire en Arabie Saoudite, conseiller du Roi Fayçal et fondateur de la Rabita (Alliance) internationale des Oulémas. Ingénieur en électricité et enseignant dans un institut spécialisé à Jeddah et à Winnipeg, son père, Ali Al Mountassir, avec lequel il était parti à Jeddah où il a obtenu son baccalauréat, a suivi presque le même itinéraire. De retour au Maroc, Hassan décroche un diplôme de gestion, avant de repartir pour Amman où il obtient un master de théologie et philologie islamiques. Les pérégrinations qu’il a effectuées avec son père à travers le monde musulman et occidental l’ont conduit à rencontrer des oulémas de différentes nationalités, qui ont scellé l’enracinement du jeune homme dans ses convictions islamistes.

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