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Il s’agit d’une révision des indemnités

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ALM : Des informations circulent quant à une hausse des indemnités des parlementaires marocains. Qu’en est-il exactement ?
Ahmed Khalil Boucetta : Ce n’est pas une hausse des salaires comme plusieurs journaux l’ont publié. Il s’agit d’une révision des indemnités, laquelle révision n’a pas eu lieu depuis une vingtaine d’années. Elle couvrirait les frais de déplacement et d’installation de bureaux réservés aux parlementaires au sein de leurs circonscriptions. C’est dans un souci de proximité qu’un député doit disposer d’un local pour recevoir ses électeurs et discuter des problèmes de sa circonscription.
L’augmentation des indemnités des parlementaires marocains est-elle approuvée ou encore en discussion ?
Cette augmentation est actuellement en discussion dans le cadre de la Loi de finance 2004. Il est vrai qu’elle n’est pas expressément citée dans cette dernière, mais certaines rubriques, mises à la disposition du Premier ministre, peuvent y être subordonnées.
Comment peut-ont justifier cette augmentation d’indemnité ?
Il y a deux années de cela, l’un des avantages dont jouissaient les parlementaires leur a été retiré. Il s’agit d’un abattement de l’ordre de 65 % des frais de dédouanement de véhicules importés. Le ministre des Finances a supprimé cet abattement pour plusieurs raisons. La plus importante est en relation avec les agissements de certains députés qui ne les utilisaient pas et les vendaient à d’autres personnes. Ce qui n’est bien évidemment pas digne d’un représentant du peuple.
Cette hausse ne tient-elle pas compte de l’absentéisme qui fait rage au sein de notre Parlement ?
L’assiduité aux différentes séances et réunions des commissions fait partie intégrante de la mission d’un parlementaire. Mais l’absence non-justifiée est monnaie courante au sein de notre Parlement. J’estime que la meilleure manière de sanctionner l’absentéisme est de revoir l’indemnité allouée à la baisse. Nous ne pouvons pas continuer à primer la médiocrité. Malheureusement, de nombreux députés pensent que siéger au Parlement est une fin en soi. Une fois les élections remportées, ils ne fournissent aucun effort quant au suivi des affaires parlementaires et gouvernementales courantes.
Comment peut-ont arriver à une rétribution équitable de l’effort fourni par chaque parlementaire ?
C’est justement ce à quoi il faudrait arriver. Le travail d’un député est réparti sur deux volets : le contrôle de l’action gouvernementale et le travail proprement législatif. Les deux activités concernent aussi bien les parlementaires issus de la majorité que ceux de l’opposition. Maintenant que le Maroc a dépassé cette étape de falsification des élections, un député doit rendre des comptes à ses électeurs dans un premier temps, et à l’opinion publique par la suite. Et dans le premier cas de figure, comme dans le second, la médiocrité ne peut faire long feu.

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