Le Maroc va au-devant de grandes difficultés en matière des retraites.
Conscients de ce qui ressemble à une bombe sociale à retardement, les pouvoirs publics en sont encore à chercher la parade pour prévenir éventuellement son explosion.
Dans un pays confronté au vieillissement de la population, à un chômage endémique de la jeunesse et à une activité économique dominée par l’informel, les retraités ont des raisons sérieuses de se faire des soucis pour leurs vieux jours. En moins de 7 ans en moyenne, le retraité, selon certaines statistiques, aura bouffé son épargne. Et que dire des jeunes actifs d’aujourd’hui ? Demain quand ils auront atteint l’âge du repos mérité, qui paiera pour eux, sachant que le nombre d’actifs tend à être de plus en infime par rapport à celui des retraités. Ce n’est que récemment que le gouvernement a fait mine de découvrir que l’État-employeur, à travers certains établissements publics, était un mauvais payeur pour n’avoir pas versé pendant deux décennies au moins (70 et 80) dans leurs caisses internes les droits de retraite à une grande partie de ses fonctionnaires. Ces derniers, faute de capitalisations conséquentes, devraient juste bénéficier de compléments budgétaires du système de répartition qui est, lui, très faible.
Les fonds de retraite gérés par la CNSS ne sont pas moins sujets à caution, notamment en ce qui concerne le choix de confier l’argent des travailleurs du privé à de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) à des taux jugés très bas, autour de 5%. N’était pas possible, souci de fructifier cette manne oblige, de faire un meilleur placement avec des produits financiers plus substantiels qu’ils ne le sont maintenant ? La CNSS, déjà malade de ses défaillances, pourra-t-elle, à longue échéance, faire face au paiement des retraites ?
Pour garantir une retraite respectable et éviter des surprises désagréables, les cadres mieux lotis aussi bien du privé que du public ont recours à des retraites complémentaires “vendues“par les assurances privées.
Mais combien sont-ils ceux parmi les bataillons d’actifs qui ont les moyens de cotiser eux-mêmes pour finir leurs jours dans la dignité ? C’est tout le système de prévoyance sociale, ainsi remis en cause, qui a besoin d’une réforme courageuse.









