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Jemmah : «nous condamnons la xénophobie»

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ALM : À combien estimez-vous le nombre d’immigrés subsahariens au Maroc ?
Khalil Jemmah : Le nombre estimé des subsahariens dans le nord du Maroc est de 3000. Ils sont surtout concentrés à Belyounech, Gourougou et Oujda. Au sein de notre association, nous sommes étonnés de l’évolution des choses au cours de ces dernières semaines. Cette grande campagne médiatique menée actuellement sur ce sujet-là ne signifie guère que le nombre des subsahariens a connu une augmentation. Le flux de l’immigration clandestine pour les subsahariens est normal.

À votre avis, quelles sont les raisons de cette campagne médiatique ?
Il faut d’abord définir le contexte général qui a précédé le lancement de cette campagne. Il y a en premier la visite récente du président du Parlement européen, Joseph Borell. Dans des entretiens avec de hauts responsables marocains, il avait évoqué, entre autres sujets abordés, l’épineux problème de l’immigration clandestine. En plus de cela, il y a le décès récemment de trois subsahariens qui a remis au-devant de la scène ce phénomène. Ce sont là deux événements qui ont contribué à la surmédiatisation de la présence d’immigrés clandestins subsahariens. 

Quelles sont les causes de ces trois décès ?
Deux de ces trois subsahariens ont péri lorsqu’ils ont tenté de rentrer de force dans l’enclave de Melilla. Mais, c’est le troisième cas qui a suscité un tollé au sien de la société civile. Des médecins appartenant à une organisation non-gouvernementale ont affirmé qu’il a été tué puisqu’ils ont constaté un hématome dans son ventre. En fait, c’est une balle en caoutchouc tiré, par les autorités espagnoles ou marocaines ( on ne sait pas encore!),  qui lui a coûté la vie. 

Comment comptez-vous réagir face à ces derniers développements ?
Notre action sera focalisée sur la montée de la xénophobie chez une grande partie de Marocains. C’est parce que nous constatons de plus en plus une forme de racisme latent que nous allons lutter davantage contre la xénophobie. Vous savez, nous avons vécu les mêmes événements à Elijido, en Espagne. Mais, je pense que les choses sont encore plus dramatiques au Maroc, et ce parce que la société civile est moins impliquée. L’Afvic a également dénoncé le fait que le journal «Achamal» compare les subsahariens à des «criquets noirs».

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