Le rappel s’adresse, bien sûr, à « ceux qui se réclament de la démocratie à seule fin de la confisquer». Tout est dit. Clairement.
Le cadre général de l’action politique est ainsi défini sans aucune autre possibilité d’interprétation.
L’engagement ne peut être formel ou à mi-voix. Les actes permettent de vérifier les intentions, et il faudra «suivre le menteur jusqu’à sa demeure». Avec toute la patience requise et le concours de tous les véritables démocrates.
Le rappel est significatif. Il a une valeur universelle. Partout dans le monde démocratique, il s’agit de faire un choix. On est dans ou à l’extérieur du cadre politique et constitutionnel. Pas de place au «oui, mais…» ou à l’hypocrisie politique. Si on est dedans, il faudra le prouver. Par un souci constant de fidélité à l’engagement, sans double jeu, ni partage des rôles ni avoir «le cul entre deux chaises». L’une légale et l’autre plongeant dans des rêves latents. Les seules initiatives oniriques, en matière de politique, ne doivent concerner que la recherche et la méditation sur les meilleurs moyens pour parfaire l’assise démocratique.
Les actes, gestes et signaux forts permettent de mesurer le degré de loyauté aux engagements pris.
La politique d’entrisme, dans une optique de phagocytose du «process » pour en tirer profit, est strictement interdite. Inacceptable pour une société qui a fait siennes, avec conviction et fermeté, les valeurs de la marche démocratique. La démocratie n’est pas une fin en soi ou un moyen égoïste pour parvenir à des desseins occultes, mais un outil de transparence qui sert les objectifs collectifs, immédiats et lointains de l’ensemble de la population.
Le pays a tiré les enseignements des expériences malheureuses d’autres contrées. Les méthodologies et les prosélytismes pratiqués sont similaires. Ils peuvent induire en erreur des pans entiers d’une société. Mais pas éternellement. Seul le raisonnable dure, les mensonges, à la longue, partent en fumée.
Partout dans le globe, là où les cadres sont clairement délimités, les non-démocrates se sont auto- exclus du cadre de la démocratie et de sa vertu. La société les rejette, d’elle-même. C’est le cas de tous les extrémismes violents.
Nulle part, là où les démocrates sont montés au créneau, ils n’ont fait long feu. La démocratie tolère même les plus fous projets radicalistes. A condition que les moyens préconisés pour y parvenir soient exclusivement pacifistes. Pas seulement en parole. Et ceux qui croient au changement profond et aux mutations les plus spectaculaires, fussent-elles religieuses, mais défendent leurs idées par le dialogue, le débat et l’action politique sains ont toute leur place dans le paysage politique. Contrairement à ceux qui veulent exploiter les nobles sentiments religieux des Marocains pour des fins inavouées. Avec les destructeurs de naissance, il n’y a rien à construire. Oui, il n’y a point de place pour des éléments qui ne souscrivent à la démocratie que parce qu’elle leur permet de développer, parallèlement à ce qui est publiquement proclamé, des thèses obscurantistes qui font fi de la logique démocratique et des valeurs de tolérance proclamées et qui tablent sur la destabilisation de la société pour en tirer profit.
Les démocrates, toutes tendances confondues, de droite comme de gauche, ont un rôle majeur à jouer pour déjouer les manoeuvres qui visent le fond de l’édifice démocratique. Ils doivent oublier les divergences conjoncturelles et purement partisanes et organiser une union sacrée autour de la nécessité de combattre, par le dialogue l’ambivalence de l’obscurantisme. La riposte doit être concertée et inscrite dans la durabilité. Pas seulement parce que le pays est à la veille d’élections. Le défi est énorme et périlleux. S’il n’est pas relevé à temps, le risque s’amplifie.
Les non-démocrates, c’est connu, jouent sur le temps et attendent le pourrissement de la situation. Un travail de sensibilisation sur leur démarche doit être entrepris avec efficience. Aucun répit ne doit être donné aux comploteurs dans l’ombre. Contre notre liberté, notre démocratie et notre devenir.
Non, les non-démocrates ne passeront pas ! Les non-dits, non plus!
• Mohamed Khalil









