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La méthode Jettou

Il y a bel et bien un style et une méthode Jettou. Depuis le temps qu’il est impliqué dans la gestion des affaires du pays, l’homme a donné la pleine mesure de ce qui le distingue. Le style d’abord. Driss Jettou est connu pour sa bonhomie et sa cordialité que certains peuvent prendre pour de la nonchalance. Ce n’est qu’une impression. Derrière sa démarche débonnaire se cache un grand travailleur doté en plus d’un sens de l’écoute remarquable et d’une modestie à toute épreuve.
La méthode ensuite. M. Jettou a bâti son autorité gouvernementale sur le consensus. C’est le genre qui règle les problèmes, tout en veillant à ne pas faire des mécontents. D’aucuns lui reprochent cette propension à ne pas trancher dans le vif et à vouloir faire plaisir à tout le monde. L’intéressé explique cette façon de faire par son souci constant de faire adhérer ses interlocuteurs ou les protagonistes d’un dossier à une démarche de bon sens.
Ce qui est sûr, c’est que le Premier ministre arrive avec cette approche ou caractère à faire travailler son équipe et à prendre des décisions parfois douloureuses.
Ainsi, du règlement “soft“ des affaires politiquement délicates comme celles de la BNDE, des Caisses de retraites et de la Sodea-Sogeta. “ C’est le sale boulot pour un gouvernement car pour cela, il ne reçoit pas de médaille“, lâche-t-il, ajoutant qu’on ne peut pas ignorer éternellement ces problèmes lourds au risque de compromettre les finances et l’avenir du pays. M. Jettou a également ceci de particulier qu’il accepte la critique aussi bien des journalistes que des membres de son cabinet.
Sur la fonction de Premier ministre, il considère qu’il ne fait pas carrière en occupant ce poste. «Je suis là pour servir mon pays et je partirai comme je suis arrivé, dans la joie et la bonne humeur», dit-il. Là, on touche du doigt une des qualités de Driss Jettou. Ce n’est pas le genre à se laisser griser par le pouvoir qu’il conçoit comme une mission définie dans le temps. Driss Jettou dit travailler pour la concrétisation du voeu royal : l’émergence de deux grands pôles pour donner corps à l’alternance au pouvoir et pour que demain le pays revienne à un chef de gouvernement politique dans son acception partisane.