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Lakhouaja et Cheikh El Kamel virés de Taghazout

© D.R

Selon des sources concordantes, décision a été prise de déssaisir la société Palais des Roses International (PRI) du projet de l’aménagement de Taghazout dans la région d’Agadir. La procédure d’éviction qui vient d’être mise en route devrait aboutir inssaissement au lancement d’un appel d’offres en bonne et due forme avec de nouveaux soumissionnaires. Exit le Marocain Azeddine Lakhouaja et son partenaire saoudien Cheikh Saleh El Kamel, par ailleurs président du groupe Dallah Al Baraka qui ont obtenu ce marché par entente directe dont la convention fut signée en juillet 2002 . La société PRI où ce duo de choc est actionnaire ( 49 % pour le premier et 51 pour le second) n’a pas respecté le délai de lancement des travaux conformément au cahier des charges. Ce n’est pas seulement le retard dans le démarrage du chantier qui est en cause dans cette affaire. Le principal problème émane du conflit étalé depuis plusieurs semaines sur la place publique opposant les deux associés en question. Un conflit né du litige commercial autour de l’hôtel Palais des Roses d’Agadir affichant le standing 5 étoiles. Les entreprises marocaines ayant participé à la construction de cet établissement n’ont pas été payées jusqu’à ce jour malgré les multiples démarches entreprises par les victimes. Montant de l’ardoise, plus de 70 millions de Dhs. Un scandale. À cela s’ajoute l’affaire de Palm Dorint expulsé injustement de l’hôtel en violation du contrat signé avec le promoteur. Présentant ces impayés comme des retenues sur garantie, Azeddine Lakhouaja, qui a fait à la fois office de promoteur du projet et de chef de chantier, n’a pas en fait honoré ses engagements vis-à-vis des fournisseurs dont il tentait de se soustraire depuis le début. Ce scandale a éclaboussé le nom et l’image de Cheikh Saleh El Kamel. Mais ce n’est que plusieurs semaines après l’éclatement de l’affaire grâce à une enquête de notre journal que l’homme d’affaires saoudien daigna se manifester par le truchement d’une lettre très courroucée adressée le 30 octobre à son partenaire Azeddine Lakhouaja où il lui annonce la rupture pour cause de sa mauvaise gestion de la construction de l’hôtel Palais des Roses. Or, tout au long de leur conciliabules, les deux hommes ainsi brouillés se sont moins souciés à s’acquitter de leurs dettes envers les fournisseurs qu’à trouver le meilleur arrangement pour se tirer chacun à bon compte de cette embrouille financière. Les termes de l’accord signé le 3 janvier à Agadir entre M.M Lakhouaja et Cheikh Saleh ont montré les véritables préoccupations de l’un et de l’autre. Le premier veut s’approprier l’hôtel de la discorde alors que le second convoite le projet de Taghazout. En un mot, c’est un marché où les deux protagonistes dans un partage des rôles manifeste cherchaient à sauver leurs intérêts au détriment de ceux des fournisseurs et du pays. Du coup, l’enjeu réel de cette bataille s’est déplacé sur le terrain de Taghazout. Taghazout, investissement important qui fait partie du plan Azur, devient alors otage de la querelle entre les deux parties. C’est ainsi que l’avenir d’une zone touristique capitale sur laquelle les plus hautes autorités du Royaume misent pour relancer le tourisme national risque fortement de se perdre dans les méandres d’une dispute entre deux individus aux intentions moins claires. On ne sait plus si les intéressés sont véritablement brouillés depuis qu’une photo récente les montrant ensemble fut publiée dans une presse mise à contribution à l’occasion par Azeddine Lakhouaja pour défendre sa cause. Mais quelle cause ! Nombre de fournisseurs frôlent la faillite à cause de ce ressortissant marocain qui a vécu longtemps en Tunisie et se présentant comme un spécialiste du tourisme et de la thalassothérapie. En fait, la ficelle est trop grosse. Manoeuvre désespérée d’un homme sommé de remettre au cheikh la mainlevée de sa caution de 160 millions de Dhs déposée auprès de deux banques marocaines. Réunir cette somme permettrait à M. Lakhouaja de réaliser son ambition de devenir propriétaire de l’hôtel Palais des Roses. Or, les banques concernées ont refusé à juste titre de lui donner la caution tant convoitée. Ces banques ont été elles-mêmes piégées dans cette sale histoire puisqu’elles ont financé l’essentiel du projet à hauteur de 230 millions de Dhs alors que l’apport personnel de la paire Cheikh Kamel-Lakhouaja n’a pas dépassé 32 millions de Dhs. Alors c’est quoi cet investissement étranger financé en grande partie par des capitaux marocains ? Ce couac de taille autour de l’hôtel Palais des Roses augurait mal de la suite…Les observateurs commençaient en effet à se poser des questions sérieuses : un groupe qui trébuche de cette façon lamentable dans la construction d’un hôtel de 300 millions de Dhs peut-il objectivement mener à bon terme un investissement (Taghazout) de plus de 2 milliards de Dhs ? Les craintes sont d’autant plus justifiées que le bailleur de fonds de Taghazout n’est pas le groupe Dallah El Baraka mais la même entreprise (PRI) qui a construit l’hôtel Palais des Roses. Une entreprise dont le professionalisme en matière du tourisme est en plus sujet à caution. Il fallait sauver Taghazout. L’opération de sauvetage est en marche. Pas besoin d’opérateurs à l’image de Lakhouja et Cheik Saleh. Les capitaux marocains peuvent largement faire de cette région balnéaire de premier choix un pôle touristique de grande envergure. L’affaire Palais des Roses, elle, ne fait que commencer…

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