Fin de non-recevoir pour «Ni Putes Ni Soumises» au Maroc. Annoncée sur les colonnes d’ALM en décembre dernier, l’ouverture d’une antenne locale de cette association n’est plus à prévoir chez nous. «En conformité avec la loi, les autorités ne donneront pas suite à la création d’un tel bureau si la demande venait à être faite. La démarche de cette association, qui accomplit par ailleurs un travail respectable en France, ne correspond pas à l’approche adoptée au Maroc pour le traitement des questions en relation avec le statut de la femme», précise le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. Toujours dans ce communiqué, publié vendredi dernier, le ministère de l’Intérieur rappelle que «plusieurs associations tant nationales qu’étrangères s’activent au Maroc dans le domaine intéressant la protection des droits de la femme et de sa promotion dans un respect total de nos valeurs et de nos traditions».
Le ministère de l’Intérieur a annoncé son refus de l’installation de l’ONG avant même que celle-ci ne formule une demande dans ce sens. Il a réagi à une intention de création. «À la suite de la publication par certains organes de presse d’une information selon laquelle l’Association française «Ni Putes Ni Soumises» aurait ouvert un bureau au Maroc, le ministère de l’Intérieur précise qu’aucune déclaration n’a été déposée à ce jour auprès des autorités locales compétentes par ladite association pour l’exercice de ses activités au Maroc». Le communiqué du ministère de l’Intérieur tombe au lendemain du coup de départ de la 12ème édition du raid «4L Trophy» qui se déroulera au Maroc du 19 février au 1er mars. Et pour cause, ce sont deux Marocaines, polytechniciennes et membres de «Ni Putes Ni Soumises» (NPNS), prenant part à ce raid, qui devaient saisir cette opportunité pour annoncer l’implantation de la première antenne au Maghreb de NPNS. Le programme de Siham Habchi, présidente de cette association, et ses co-équipières a été donc chamboulé par cette interdiction expressément formulée par l’Intérieur. «Le Maroc compte plusieurs associations qui œuvrent pour la préservation des droits de la femme. Il y a donc un espace favorable de mobilisation qui est très important pour nous pour pouvoir aider les femmes à sortir de la sphère de la violence. Nous avons besoin d’avoir un pied-à-terre au Maghreb. Et le Maroc me semble le pays le plus approprié», a précisé Siham Habchi dans un entretien accordé à ALM (Voir N°1857) du 10 février.
Le communiqué du ministère de l’Intérieur met fin donc aux ambitions maghrébines de cette association qui n’a pas encore dit son mot. Siham Habchi devrait effectuer une visite au Maroc dans quelques jours.









