Diplomatie. Le Conseil d’association entre l’Union européenne et le Royaume du Maroc tiendra sa 15ème réunion ce jeudi 29 janvier à Bruxelles. Les détails.
Le Maroc et l’UE discutent de la liste de leurs priorités à l’occasion de la tenue de leur Conseil d’association. Cette réunion sera coprésidée par le ministre des affaires étrangères du Maroc, Nasser Bourita, qui conduira la délégation marocaine et la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas. La commissaire à la Méditerranée, Dubravka Šuica, représentera la Commission européenne. La réunion sera l’occasion de procéder à un échange de vues sur les questions politiques, économiques et commerciales ainsi que la coopération, y compris en matière de migration, de transition écologique, d’innovation, de développement socio-économique inclusif et durable, de contacts entre les personnes et de sécurité. Elle permettra également aux parties de faire le point sur la mise en œuvre de l’accord d’association UE-Maroc (1996) à l’occasion de son 30ème anniversaire et de réaffirmer leur détermination commune à relancer et à approfondir le partenariat. Enfin, les parties se pencheront sur l’évolution de la situation aux niveaux régional et international, y compris la stabilité régionale. L’accord euro-méditerranéen d’association Maroc-UE, entré en vigueur en 2000, encadre les relations entre l’UE et le Maroc. La politique européenne de voisinage en 2003 est venue compléter et renforcer ce partenariat, en rendant le dialogue entre les deux parties permanent et mieux structuré. Des comités techniques réunissant des experts des institutions européennes et de l’administration marocaine se tiennent régulièrement sur des thèmes tels que le dialogue politique, la justice, la sécurité…
Feuille de route
La signature de la feuille de route sur le Statut avancé en 2008 a notamment permis de renforcer le dialogue et la coopération sur les plans politique et sécuritaire ; l’intégration progressive du Maroc dans le marché intérieur de l’UE via la convergence législative et réglementaire ; et l’élargissement du partenariat à de nouveaux acteurs, dont le Parlement, le Conseil économique, social et environnemental, ainsi que la société civile. La déclaration conjointe pour un partenariat pour la mobilité en 2013, suivie du plan d’action pour la mise en œuvre du Statut avancé en 2015 marquent des étapes importantes du rapprochement politique, humain, technique et financier entre les deux parties. La déclaration conjointe de 2019 pour un partenariat euro-marocain de prospérité partagée est le point culminant de cette relation, adoptée lors du Conseil d’association, puisqu’elle met en exergue les espaces de valeurs partagées entre les deux partenaires et leurs ambitions communes. Ce partenariat s’articule autour de quatre espaces structurants, à savoir un espace de convergence des valeurs, un espace de convergence économique et de cohésion sociale, un espace de connaissances partagées et un espace de concertation politique et de coopération accrue en matière de sécurité.
Deux axes fondamentaux à caractère horizontal font aussi l’objet d’actions opérationnelles spécifiques, à savoir une coopération en matière d’environnement et de lutte contre le changement climatique et une coopération en matière de mobilité et de migration, qui se renforceront mutuellement. Enfin, le nouvel agenda pour la Méditerranée adopté par l’UE le 9 février 2021, et sur lequel les partenaires de l’UE ont été consultés, reprend l’ensemble des priorités que le Maroc et l’UE avaient déjà identifiées. Il s’agit notamment d’assurer une transition écologique en luttant contre le changement climatique, en protégeant les ressources naturelles, et en promouvant la croissance verte.
L’Union européenne et le Maroc ont lancé en octobre 2022 le premier partenariat vert entre l’UE et un pays partenaire qui détaille leur action commune sur le climat, l’environnement et l’économie verte.
Echanges économiques
L’Union européenne (UE) est le premier partenaire du Maroc avec 56 milliards d’euros d’échanges de marchandises en 2023 (incluant 23 milliards d’euros d’exportations marocaines vers l’UE). Après un recul en 2020 lié à la pandémie Covid-19, les échanges commerciaux ont repris leur croissance et ont augmenté de 6% en 2023 par rapport à 2022 et de 42% comparé au niveau d’avant-crise. L’UE est à la fois le 1er fournisseur du Maroc et son 1er client (plus de 60% des exportations marocaines). Le Maroc est également le 1er partenaire de l’UE en Méditerranée du Sud. En termes de services, le Maroc a un excédent de 1,4 milliard d’euros avec l’UE en 2022. Plus de la moitié des investissements directs étrangers au Maroc provient de l’UE. Le commerce entre le Maroc et l’UE s’exerce en vertu de l’Accord euro-méditerranéen établissant une association entre l’UE et le Maroc, complémenté par d’autres accords (entré en vigueur en 2000). Dans son volet commercial, il a permis l’élimination des droits de douane avec des éléments d’asymétrie en faveur du Maroc : depuis l’année 2000 tous les produits industriels marocains entrent dans l’UE sans droits de douane, tandis que le Maroc a bénéficié d’une période de transition jusqu’à 2012 pour éliminer ses droits de douane sur les biens industriels d’origine UE. L’un des enjeux importants à venir pour les deux parties concerne l’entrée en vigueur de la taxe carbone. A noter que la CGEM avec le soutien de la Banque européenne d’investissement (BEI) et de l’Union européenne (UE) dans le cadre de la composante « assistance technique » de leur Programme Trade and Competitiveness, avait élaboré un guide qui propose un parcours détaillé et modulable pour accompagner les entreprises marocaines dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leur stratégie de décarbonation. Lancé au Maroc en octobre 2022, ce programme a pour objectif de renforcer les relations commerciales entre le Maroc et l’UE et de soutenir la montée en compétitivité des PME à travers d’une part l’accès à des financements avantageux via les institutions financières partenaires locales et d’autre part, une assistance technique visant le renforcement de capacités des PME et l’appui aux parties prenantes des secteurs exportateurs clés. L’assistance technique du programme est financée par l’UE dans le cadre de la Plateforme d’investissement pour le voisinage.
Partenariat vert
Coopération. Suite à la réflexion menée sur l’avenir des relations Maroc-Union européenne, lors de la retraite de Skhirat, et sur la lancée de la Déclaration politique conjointe instituant le « Partenariat euro-marocain de prospérité partagée », adoptée en juin 2019 par le Conseil d’association UE-Maroc, qui a identifié comme axe prioritaire la coopération en matière d’énergie, de lutte contre le réchauffement climatique, de protection de l’environnement et de promotion de l’économie verte, le Royaume du Maroc et l’Union européenne ont convenu de construire ensemble un Partenariat vert. Les deux parties avaient procédé au lancement officiel de ce chantier. Cet évènement, qui est une première étape clé, vient conforter la volonté commune du Royaume du Maroc et de l’Union européenne de renforcer leur relation stratégique et de longue date à travers le développement de nouveaux partenariats novateurs et mutuellement bénéfiques. Ces partenariats viendront enrichir les mécanismes de dialogue et de coopération existants entre le Maroc et l’Union européenne et promouvoir les nouvelles ambitions définies par la Politique européenne de voisinage ainsi que les diverses priorités du Royaume. Cette collaboration sur le Partenariat vert traduit une forte convergence politique entre les deux parties au regard des questions liées à l’environnement, le climat et le développement durable. Elle pourra s’appuyer d’une part sur les ambitions du Pacte vert pour l’Europe, lancé en décembre 2019, et d’autre part sur la Stratégie nationale de développement durable, le Nouveau modèle de développement, les avancées importantes et les efforts constants du Maroc en matière d’énergie, de changement climatique, d’environnement et d’économie verte, ainsi que son engagement volontariste en faveur d’une coopération triangulaire et Sud-Sud dans ces domaines.









