Le Fogarim de la classe moyenne n’est pas encore finalisé. Les discussions entre le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’espace et le ministère de l’Economie et des Finances butent sur la définition de cette classe même. Qui est classe moyenne et qui ne l’est pas ? Comment la reconnaître pour pouvoir la soutenir ?
Les deux départements ministériels sont en cours de négociation pour la détermination des bénéficiaires, des modalités et des conditions d’octroi de ce nouveau crédit censé emboîter le pas au Fonds de garantie pour les revenus irréguliers et modestes (Fogarim). Mais, cette fois-ci pour des ménages d’une autre catégorie socio-professionnelle. «Nous sommes toujours en négociation avec le ministère de l’Economie et des Finances au sujet d’un crédit Fogarim réservé à la classe moyenne. Nous penchons aussi sur la définition des conditions préférentielles avec les banques de la place», souligne Taoufiq Hejira, ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’espace. À travers le Fogarim de la classe moyenne, le gouvernement, les opérateurs et les banques souhaitent donner un nouveau souffle au secteur de l’immobilier. En crise, le secteur est à la recherche de nouveaux clients qu’il veut puiser dans une classe jusqu’à là non servie par des offres immobilières dans le moyen standing.
Une gamme qui se fait rare sur le marché. Avant le lancement même du chantier de ce nouveau Fogarim, les professionnels ont demandé au gouvernement des mesures incitatives pour faire coïncider ainsi une demande croissante pour le moyen standing, un nouveau mode de financement et une offre immobilière qui répond aux besoins de ces ménages appartenant à cette classe moyenne. D’ailleurs, dans son cahier revendicatif pour la loi de Finances 2009, la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) a exigé des mesures pour l’encouragement du logement moyen standing.
L’élaboration de ce nouveau produit fait suite aux déclarations du Souverain sur la nécessité de favoriser l’émergence d’une classe moyenne au Maroc. Dans le discours du Trône, du 30 juillet 2008, SM le Roi Mohammed VI a réaffirmé sa «ferme volonté de veiller à ce que toutes les politiques publiques soient stratégiquement vouées à l’élargissement de la classe moyenne, pour qu’elle soit le socle de l’édifice social, la base de la stabilité, et un puissant catalyseur de la production et de la créativité». «Nous sommes, donc, fermement déterminé à œuvrer pour que les classes moyennes constituent désormais l’épine dorsale de la société équilibrée que nous nous employons à construire», a ajouté le Souverain. Jusqu’à maintenant, aucune étude n’a été encore menée permettant de décrire la classe moyenne. «Un ménage fait partie de la classe moyenne dès le moment où il a la capacité d’épargner», comme l’a déjà défini Nizar Baraka, le ministre délégué aux Affaires économiques et générales, dans des rencontres consacrées à ce thème.
Les experts de la place n’arrivent pas à être unanime sur les critères de définition de la classe moyenne marocaine. Certains privilégient le niveau des revenus, d’autres l’appartenance socioprofessionnelle et même les modes de vie. Ce nouveau Fogarim sera certes un nouveau tournant dans la société marocaine.









