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Le PPS seul… au monde

© D.R

Après la crise politique, c’est la crise de confiance qui s’installe dans la majorité. Largué par le Mouvement populaire et l’Istiqlal pour une question de seuil au Parlement, le PPS (Parti du progrès et du socialisme) et son secrétaire général, Mohamed Nabil Benabdellah, voient rouge.

Ce dernier ne mâche d’ailleurs pas ses mots et charge sans le nommer son allié au gouvernement. «L’autonomie de décision des partis politiques n’est pas au rendez-vous sur cette question», a-t-il déclaré à ALM. La majorité qui est aujourd’hui en pleine phase de remodelage après le retrait de l’Istiqlal, n’arrive plus à se mettre d’accord. Et le PPS est le premier à payer les pots cassés de cette situation qui ressemble plus à une lente agonie. Le parti du livre vient en effet d’être abandonné par le Mouvement populaire, son allié à la majorité, lors du vote en commission du nouveau règlement intérieur de la Chambre des représentants.

Les députés du PPS espéraient baisser le seuil de la formation d’un groupe parlementaire de 20 à 18 sièges, après avoir abandonné leur première proposition de 15 députés seulement. Une telle proposition est vitale pour le parti afin de s’assurer de la pérennité de son groupe parlementaire et rester à l’abri de toute fâcheuse éventualité dans l’avenir, lui d’ailleurs qui n’avait pas pu atteindre lors des élections de 2011 le seuil de 20 parlementaires et s’est retrouvé dans l’obligation de chercher ailleurs deux parlementaires pour former son groupe. C’est ainsi qu’un deal a été scellé entre le parti du livre, le PJD (Parti de la justice et du développement), le Mouvement populaire et leur désormais ancien allié, l’Istiqlal fixant le seuil à 18 parlementaires. Mais le jour «J» voit le MP et l’Istiqlal choisir le maintien du seuil à 20 sièges.

Impuissants, les représentants du parti préfèrent se retirer avant le vote en commission de la nouvelle proposition qui est finalement adoptée par la majorité des voix. Mais pour Mohamed Nabil Benabdellah, ce revirement est directement orienté contre son parti. «Nous regrettons qu’un engagement écrit et signé n’ait pas été respecté.

Nous estimons qu’il s’agit plus d’une question de l’éthique politique sans laquelle nous ne pouvons pas aller loin», affirme l’actuel ministre de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville.

Et de poursuivre : «Cet incident montre bien que certains milieux tentent aujourd’hui de faire payer au PPS le prix de ses prises de position politiques». Si le parti réagit de la sorte après cet incident, c’est que ses responsables savent que des moments très difficiles les attendent dans les prochains jours. «Les camarades» dirigent quatre ministères dans le gouvernement actuel dont deux parmi les plus convoités, à savoir le ministère de l’habitat et celui de la santé.

Alors que les concertations du chef de gouvernement viennent à peine de démarrer pour former une nouvelle majorité, les informations fusent sur une révision de l’architecture gouvernementale actuelle avec comme principal grand perdant, le PPS. Interrogé sur la réduction probable des portefeuilles ministériels de son parti, Benabdellah préfère esquiver la question. «Ce sujet n’est pas à l’ordre du jour», conclut-il.