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Le Roi ouvre la page de l’avenir

© D.R

“Notre objectif est que les Marocains se réconcilient avec eux-mêmes et avec leur Histoire, qu’ils libèrent leurs énergies, et qu’ils soient partie prenante dans l’édification d’une société démocratique et moderne, gage de prévention de toute récidive“. C’est en ces termes on ne peut plus clairs et frappés au coin du bon sens que S.M le Roi Mohammed VI a proclamé , mercredi 7 janvier, au Palais Royal d’Agadir, à l’occasion de l’installation de l’instance “Équité et réconciliation“, la volonté du pays de clore définitivement le dossier des droits de l’Homme au Maroc. Très attendu depuis plusieurs jours par les forces vives de la nation qu’elles soient politiques, économiques, juristes ou militants associatifs, le rendez-vous de la capitale du Souss représente une nouvelle étape que tout le monde souhaite ultime dans l’apurement des abus des droits humains des années de plomb politiques. Matérialisé par la création du Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH), ce processus de réconciliation nationale avait démarré dès 1990 sous le règne de feu Hassan II. Tout à son souci de décrisper le climat politique, le Roi défunt avait décrété une amnistie générale qui a débouché sur la grâce de nombre de prisonniers politiques, le retour d’un grand nombre d’exilés et l’avènement en 1998 en guise de couronnement de ces efforts du gouvernement d’alternance de Abderrahmane Youssoufi. La normalisation était dès lors en marche. Une démarche poursuivie par S.M le Roi Mohammed VI dès son accession au Trône en juillet 1999. “ La patrie est clémente et miséricordieuse“, tel est la devise de ce Maroc résolument déterminé à tourner la page et à se projeter dans un avenir plein de défis. Dans son discours, S.M le Roi Mohammed VI n’a pas manqué à rendre un vibrant hommage à l’impulseur de cette grande dynamique, “Notre auguste Père“ et à tous ceux qui parmi les autorités publiques, les partis politiques, les syndicats et les réseaux associatifs “ont contribué à l’oeuvre accomplie“. “En ayant à l’esprit la diversité des expériences internationales en la matière, a souligné le Souverain, force est de reconnaître que le Maroc a pu instituer, avec sagesse et courage, un modèle qui lui est propre et qui lui a permis de réaliser d’importants acquis, dans le cadre de la pérennité de sa Monarchie démocratique et constitutionnelle, qui est le garant de l’inviolabilité de l’Etat et des Institutions, ainsi que de la dignité et des libertés des citoyens“. Le Maroc, qui a accompli des efforts non négligeables en matière des libertés et des droits de l’Homme de l’avis de nombre des observateurs aussi bien nationaux qu’étrangers , revient de loin. Fort d’une image de pays respectueux des droits humains, le Royaume n’a plus à rougir de son bilan dans ce domaine. Bien au contraire. La nation tout entière par la voix des hautes autorités du pays ne veut plus traîner comme un boulet une période noire de son Histoire au risque de représenter une hypothèque grave et permanente sur sa marche vers le développement. D’autant plus que les défis qui sont à la fois nombreux et difficiles, nécessitent la mobilisation de tous. En un mot, la seule bataille qui vaille aujourd’hui et qui mérite l’engagement réel des différents acteurs de la société est celle du progrès économique et social, tel est le message profond contenu dans les paroles royales. Tourner la page du passé pour mieux préparer l’avenir. Chaque Marocain est invité plus que jamais à s’inscrire dans la dynamique du Maroc nouveau en dépassant les récriminations du passé. “Nous demeurerons attaché à la clôture définitive de ce dossier en favorisant le règlement extra-judiciaire équitable, et en veillant à ce que les préjudices du passé soient réparés et les blessures pansées“, a indiqué le Souverain qui a par ailleurs exalté le travail accompli par l’instance indépendante d’arbitrage en matière d’indemnisation des victimes des années de plomb pour les préjudices moraux subis. Le Souverain a également tracé la mission de l’instance Equité et réconciliation dont le président est l’ancien prisonnier politique Driss Benzekri. “Nous sommes convaincu que Notre Commission qui se prévaut de personnalités aussi éminentes parviendra avec l’aide de Dieu, dans les délais impartis, à rétablir les victimes dans leur dignité, à apporter réconfort à leurs familles, et à réaliser la réconciliation apaisante. Elle saura, Nous en sommes persuadé, tirer le meilleur parti des réalisations antérieures et consolider les acquis pour parvenir à un règlement juste et équitable, humain, civilisé et définitif de ce dossier. En élaborant son règlement intérieur, et en conduisant la noble mission qui lui est dévolue, la Commission aura à coeur de se conformer à la décision portant création de cette instance, ainsi qu’aux conventions internationales des droits de l’Homme et aux idéaux de l’Islam prônant la tolérance et le pardon“. Comme gage éclatant de la volonté royale de réaliser la réconciliation des Marocains avec eux-mêmes et avec leur pays tout en assumant leur Histoire avec ses hauts et ses bas, le Souverain a gracié par la même occasion pas moins de 33 prisonniers. Dans le lot, Saâd Ahmed et Khazzar Mustapha condamnés en 1975 à la peine capitale dans le cadre de l’affaire d’assassinat de l’USFP Omar Benjelloun. Autres graciés, la bande à Hassan Ighiri dont les membres ont été inculpés pour avoir introduit en 1994 des armes et des munitions au Maroc via l’Europe. Cette affaire avait alors défrayé la chronique. Parmi les graciés, figurent également des détenus islamistes appartenant au groupe d’Oujda et de Fès. La clémence royale a par ailleurs bénéficié aux journalistes condamnés récemment soit pour apologie d’actes terroristes ou pour atteinte aux institutions sacrées par voie de presse. Le pardon royal est de nature à dépassionner le climat et à couper court aux récriminations des uns et des autres nourries souvent de mauvaise foi et de volonté de nuire. Le discours d’Agadir constitue à tout point de vue, par sa portée et sa sincérité un acte fondateur d’un Maroc décidé à en finir avec les démons du passé pour se tourner vers les vrais défis du présent et de l’avenir.

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