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L’école, trop dangereuse pour nos enfants ?

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Bien que la violence en milieu scolaire soit loin d’être un phénomène naissant, son ampleur ne cesse d’inquiéter et les faits constamment révélés par les médias effraient.  Selon une étude sur les indices de violence au sein et aux alentours des établissements scolaires, récemment élaborée par le ministère de l’éducation nationale, pas moins de 203 cas de violence ont été recensés entre septembre 2012 et juin 2013.

Ce phénomène qui se réduisait auparavant à des cas de «petites» violences entre élèves, agressions contre les professeurs ou dégradations des locaux scolaires cède la place aujourd’hui à des faits bien plus graves. 35 cas de viol, 11 cas de meurtre, 7 cas de suicide, 18 cas de menace, 16 cas d’enlèvement… Ces chiffres qui donnent froid au dos laissent entendre que l’école marocaine n’a été épargnée d’aucun mal.

Qu’ils soient acteurs ou victimes, nos enfants auraient vécu, subi ou commis au moins 203 actes de violence durant l’année scolaire écoulée. Ce rapport basé sur le traitement médiatique de ces cas démontre que les écoliers, collégiens et lycéens ne sont pas plus protégés sur les bancs scolaires qu’ailleurs. Si 52% des cas de ces faits se sont produits au sein des établissements scolaires, il n’en demeure pas moins que 54% de ces cas sont liés à des affrontements ayant lieu dans des espaces entourant ces établissements et qui ne sont pas sans engendrer des règlements de comptes dans l’enceinte de l’établissement même.

Justifiant ces constats, ce rapport note qu’un grand nombre de cas de violences recensés à l’extérieur de l’établissement sont provoqués par des éléments étrangers et des délinquants qu’il serait difficile de catégoriser que ce soit sur la base d’âge, de niveau social ou intellectuel.  «Ces éléments sont généralement des détracteurs sexuels, des trafiquants de drogues ou des voleurs à l’arraché», précise-t-on.

Par ailleurs, on ne saurait dire que la violence au sein des établissements scolaires est un phénomène urbain par excellence et ce, malgré l’absorption d’environ 77% des cas par les villes. Il est vrai que, quantitativement, c’est le milieu urbain qui connaît le plus de dérapages et ceci serait dû en premier lieu à la condensation démographique et à d’autres spécificités socioculturelles.

Ce qu’il faut savoir cependant c’est que, les cas les plus graves et les plus complexes sont recensés dans le milieu rural où viol et enlèvement sont devenus monnaie courante. Il est à noter dans ce sens que la violence physique domine à la fois le milieu rural et celui urbain. En totalité, 109 cas allant de simples accrochages au meurtre ont été relayés par la presse durant l’année scolaire 2012-2013.

Ces chiffres, bien que basés sur des médias qui sont enclins à traiter davantage des faits de viols et de meurtres que ceux comportant de simples injures, ne sont pas à écarter de toute réflexion. Une chose demeure sûre, à l’heure actuelle, l’école marocaine va mal et ce n’est pas uniquement en raison d’un système éducatif en quête d’une réforme qui éclipserait ses multiples défaillances. Encore moins à cause des dérapages du ministre de l’éducation nationale.

Ce ministre, Mohamed El Ouafa, rappelons-le, n’avait exprimé aucune gêne à placer des propos humiliants à l’égard d’une jeune fille de 12 ans lors d’une visite à une école primaire à Marrakech, concluant qu’elle «était plus faite pour se marier que pour s’installer sur les bancs pour étudier». Une affaire qui n’a d’ailleurs pas été légère de conséquences et qui n’a pas tardé à dépasser les frontières, aux Nations Unies.

Malgré ces outrages, le citoyen marocain gardait foi en ce système éducatif et ne craignait pas de savoir son enfant sur les bancs scolaires. Ceci ne semble plus être le cas aujourd’hui. Le manque de sécurité devenant alarmant et la violence banalisée à tous les niveaux, l’école marocaine n’est pas tenue responsable des aberrations dans lesquelles elle baigne.
En tout cas, pas au même niveau que toute une machine sociale qui ne cesse de donner naissance à des aberrations dont les conséquences chez le citoyen ne peuvent se traduire pour des violences.

Quelles sont les raisons de la violence aux écoles ?

La violence des jeunes dans les établissements scolaires est devenue intimement liée à une question de société d’où émanent les principales causes. Selon le rapport du ministère de l’éducation nationale, puisque l’espace extérieur aux établissements d’enseignement est celui qui connaît la plus forte proportion de cas de violence enregistrés il est donc naturel que les raisons non éducatives soient en tête des principales causes de violence. Mais la prédominance des cas de violence découle de deux facteurs principaux. Premièrement, le rapport souligne l’impact de la forte pression qu’exerce l’environnement malsain et qui a trait à abolir chez le jeune toute valeur de respect.

Deuxièmement, l’acceptabilité des éléments affiliés à l’espace scolaire (l’élève, l’enseignant et le corps administratif) de se retrouver eux-mêmes éléments propagateurs de violence demeure elle aussi une forte raison d’attiser la violence. De façon plus concrète, cette vulnérabilité provient chez l’élève de divers facteurs dont les plus éminents sont la frustration et le manque de sens de l’éducation, le déclin de l’attractivité de l’école et l’ignorance des valeurs de respect et de tolérance. Chez l’enseignant, il serait plutôt question de manque des outils didactiques ainsi que les problèmes sociaux qui ont tendance à influencer son comportement lors de l’exercice de ses fonctions. Quant au corps administratif, le rapport lui reproche le manque d’expérience  et l’insuffisance de leurs compétences de gestion.

Nature de la violence de plus en plus diversifiée

Les établissements scolaires ont un rôle important à jouer pour se protéger et protéger les élèves de la violence. Mais paradoxalement ils représentent également un endroit propice où germe la véhémence. Ainsi, le rapport a listé les différents types de violences que les jeunes peuvent subir.

Chiffres à l’appui, il nous apprend que 22% des cas de violence ont un risque qui va de simple à moyen et est réparti entre actes de vol, vandalisme et menaces.
Il est vrai que la violence au niveau des écoles ne date pas d’hier, mais il faut souligner qu’elle a connu une recrudescence hors normes surtout lorsqu’on se réfère aux chiffres fournis par le ministère qui indique que 78% des cas de violence sont jugés très graves allant de coups et blessures, enlèvements, viol et assassinat. Le ministère s’est attardé dans ce nouveau rapport sur une nouvelle tendance inquiétante, celle du suicide (7 cas) qui a été enregistré au mois de juin 2013 parallèlement avec la période des examens.

Des préventions pour une sécurité intra et extra muros
 
Il est naturel, tant que la question de la violence à l’école et ses environs est tentaculaire comportant des dimensions complexes, de voir naître des réactions correctives, des mesures et des procédures profondes et soutenues sur le long terme. En effet et afin d’asseoir cette politique de prévention, le ministère, outre les campagnes de sensibilisation, il fait appel à plusieurs acteurs sociaux pour compléter les mesures et dispositifs qu’il met en œuvre et aussi à la Direction générale de la sûreté nationale pour asseoir la sécurité des personnes et des établissements scolaires. Ceux-ci souffrent à leur tour de violences pratiquées par les élèves en détruisant les espaces verts et les tables, en souillant les murs avec des écrits, etc. Le rapport explique que ce genre de comportement est commis contre l’établissement pour ce qu’il représente comme institut public. Bien qu’on ne compte que 2 cas pour ce type de violence, 29 autres cas ont été plutôt recensés pour avoir commis des vols qui ont ciblé en particulier les outils et le matériel informatique. La sonnette d’alarme a sonné et le ministère, malgré les campagnes et l’apport des autorités, reproche la réticence des assemblées des pères et des mères des élèves qui ne participent pas autant pour la réussite du processus.

 

Imane Nigrou
& Hakim Bahechar

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