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Les analystes du néant

L’agence de presse française (AFP) a consacré l’une de ses dépêches aux titres des journaux nationaux sur l’affaire de la cellule dormante d’Al Qaida dont les membres ont été récemment arrêtés au Maroc. Cette dépêche met en exergue les avis partagés des journalistes entre ceux qui affichent une satisfaction légitime après ce coup de filet policier et ceux qui se posent des interrogations subsidiaires et suspicieuses.
À tel point que certains journaux ont essayé de semer le doute sur la véracité et l’importance de cette prise bien avant qu’ils n’en connaissent les tenants et aboutissants. D’ailleurs personne n’est dupe, à moins qu’on soit malintentionné, à ce stade de l’instruction, les autorités policières et judiciaires n’ont certainement pas tout dit. Pour des raisons d’approfondissement de l’enquête, surtout quand il s’agit d’un réseau international de cette envergure, la discrétion et la retenue sont de mise chez toutes les polices du monde. Encore faut-il rappeler que sur cette affaire, les autorités marocaines ont énormément rénové en matière de communication.
La police a donné l’information, le ministère de l’intérieur a publié un communiqué et chose inédite un procureur du Roi a parlé pour la première fois à la presse nationale et internationale. Tout cela n’a pas empêché certaines publications, toujours les mêmes, à vouloir détourner l’attention de leurs lecteurs de la gravité de cette tentative de déstabilisation de notre pays. Certains ont poussé l’effronterie jusqu’à devenir les avocats les plus farouches des islamistes radicaux qu’ils haïssent pourtant dans leur fort intérieur.
D’autres se sont transformés en juristes attitrés et en analystes affûtés pour attester qu’ils n’existent pas assez de preuves pour incriminer les mises en causes. Ceux qui réclament l’indépendance de la justice essayent d’aujourd’hui de l’influencer dans une affaire encore en stade d’instruction. Mieux encore, certaines publications qui dénoncent constamment la rétorsion d’information n’ont pas du tout apprécié cette ouverture médiatique des pouvoirs publics. Les informations données par la police, le ministère de l’intérieur et celui de la justice, sont décrites comme relevant du marketing politique. À qui profiterait ce crime managerial ? Si c’est au gouvernement entier, il va falloir partager ce gâteau en sept partis où siégent la gauche, la droite et le centre. Tout le monde va gagner aux élections donc grâce à un cou de filet de la police, de la gendarmerie et de plusieurs autres services de sécurité. Si on suit ce raisonnement commercial, on peut déduire que c’est le ministère de l’intérieur qui va remporter les élections. Pourquoi pas puisqu’un journal s’est ingénié à dire que si la DST a arrêté ce réseau, c’est que ce service reste le maître de la situation dans notre pays. Quand Mesrine a été abattu, la France n’avait pas de gouvernement et c’est la police qui détenait tous les pouvoirs.

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