Baromètre industriel.
En 2024, le Maroc confirme son leadership industriel, porté par la résilience, la performance et l’inclusion. La montée en puissance des filières à forte valeur ajoutée et la consolidation de la productivité témoignent d’une mutation industrielle maîtrisée. Retour sur les principaux indicateurs du secteur.
L’industrie marocaine poursuit sa trajectoire vers une souveraineté productive, technologique et durable. Les résultats de l’enquête industrielle menée par le ministère de l’industrie et du commerce portant sur l’exercice 2024 confirment cette orientation, consolidant ainsi le positionnement du Royaume comme une destination de référence dans les industries de pointe. Les performances relevées témoignent, en effet, de la maturité du modèle industriel marocain. « Les résultats de 2024 confirment la prédominance du capital industriel national, avec 70,2 % du capital social détenu par des investisseurs marocains, traduisant la souveraineté nationale sur les leviers de production et de création de valeur », assure dans ce sens Ryad Mezzour, ministre de l’industrie et du commerce. Et de préciser que «le niveau technologique du tissu productif franchit également un seuil majeur, avec 50,5 % de la valeur ajoutée issue des industries à moyenne et haute technologie, confirmant l’ancrage du Maroc dans les secteurs de pointe ». Se référant à l’enquête, les secteurs de la chimie et parachimie et de l’agroalimentaire détiennent plus de la moitié du capital social total du secteur industriel, avec des parts respectives de 32,6 % et 18,9 %. Ces deux secteurs rassemblent également la majorité du capital marocain, représentant 42,9 % pour la chimie et parachimie et 21,5 % pour l’agroalimentaire. La part du capital étranger y demeure relativement modérée, atteignant 8,4 % dans la chimie et parachimie et 12,8 % dans l’agroalimentaire. Il est à souligner que la ventilation de l’origine du capital étranger met en évidence la diversité des pays contributeurs. La France s’érige comme étant le principal détenteur du capital social étranger du secteur industriel, représentant 25,6 % du capital total. Elle est suivie des États-Unis (10,2 %), la Chine (8,2 %), l’Espagne (8 %), l’Allemagne (6,4 %), la Corée du Sud (4,8 %) et l’Inde (4,1 %).
Un chiffre d’affaires en hausse de 9,2%
Dans l’ensemble, les agrégats macroéconomiques du secteur industriel laissent apparaître une croissance soutenue du tissu productif. Le chiffre d’affaires global du secteur industriel s’est établi à 898 milliards DH, en consolidation de 76 milliards DH comparé à l’exercice 2023, soit une amélioration de l’ordre de 9,2 %. Cette performance est portée par six principaux secteurs dont l’automobile (21,8 % des parts), l’agroalimentaire (21,3 % des parts), la chimie et parachimie (20,3 % des parts) et les industries mécaniques et métallurgiques (9,4 % des parts). La valeur ajoutée industrielle a également enregistré une croissance à deux chiffres traduisant la montée en gamme de la production locale. Elle s’est en effet bonifiée de 23,1 milliards DH pour atteindre les 240 milliards DH en 2024, soit une hausse de 10,6 % comparé à l’année précédente. Tenant compte de cette évolution, la valeur ajoutée industrielle porte sa part à 27 % du chiffre d’affaires. Avec 115,8 milliards DH, la région de Casablanca-Settat concentre à elle seule 48,2 % de la valeur ajoutée générée par le secteur industriel (+18,2 %), soit un gain additionnel de près de +17,8 milliards DH. La contribution de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima s’est renforcée de 6,2 % pour atteindre les 49 milliards DH, soit 20,4 % de la valeur ajoutée industrielle nationale. Pour sa part, la région de Rabat-Salé-Kénitra représente 12,3 % de la valeur ajoutée industrielle, se situant autour de 29,4 milliards DH (+5,2 %). Il est à souligner la dynamique industrielle observée qui s’appuie sur un capital humain hautement qualifié. En 2024, le secteur industriel a employé 1.038.133 personnes, contre 995.419 en 2023, soit une hausse annuelle de +4,3 %. Des chiffres qui n’incluent pas les emplois relevant des services liés au secteur industriel. La ventilation sectorielle de l’emploi industriel démontre que plus de trois quarts des emplois industriels sont concentrés dans quatre secteurs, à savoir l’automobile, le textile et cuir, l’agroalimentaire et la chimie et parachimie. Selon l’enquête, l’évolution de l’emploi industriel entre 2023 et 2024 est marquée par une dynamique positive, avec une croissance dans la majorité des secteurs. On note une hausse de 17 % des effectifs employés dans l’industrie pharmaceutique, contre 13 % dans les industries mécaniques et métallurgiques, 11 % dans le secteur électrique et électronique, 10 % dans l’automobile et 8 % à la fois dans le secteur de l’aéronautique et de la plasturgie.
Une production en forte progression
La performance du secteur se manifeste également par sa production accrue. Cette dernière s’est établie à 841,8 milliards DH, en progression de 86,4 milliards DH (+11,4 %). Une dynamique qui s’aligne sur celle du chiffre d’affaires. « L’accroissement simultané de la production et du chiffre d’affaires témoigne d’une amélioration de la compétitivité, d’une hausse de la demande intérieure et extérieure, ainsi que d’un renforcement des capacités de production dans plusieurs secteurs stratégiques », peut-on relever dans ce sens. Avec une production atteignant 193,2 milliards DH en 2024, en hausse de 10,2 % sur un an. Le secteur agroalimentaire conserve une position centrale au sein de l’appareil productif national, avec une production de 181,6 milliards DH en 2024, en hausse de 2,2 %. Le secteur de la chimie et parachimie a connu, pour sa part, une expansion encore plus prononcée, avec une hausse exceptionnelle de 33,8 % en 2024, portant sa production à 179,9 milliards DH. Les industries mécaniques et métallurgiques ont poursuivi leur trajectoire de croissance, enregistrant une production de 75,6 milliards, en hausse de +14,8 %. En revanche, le secteur du textile et cuir a généré une production de 62,9 milliards DH en 2024, enregistrant un léger repli de -2,1 %. Les industries pharmaceutiques et de la plasturgie ont, quant à elles, affiché des performances plus modérées, avec respectivement 16,6 milliards DH (+7,6 %) et 15,4 milliards DH (+4,1 %). Par ailleurs, la production du secteur aéronautique s’est élevée à 29 milliards DH, en amélioration de 9,6 %. La région de Casablanca-Settat demeure le principal pôle productif du pays. Elle concentre à elle seule 442,6 milliards DH de la production industrielle (+19,5 %). La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma arrive en deuxième position avec une production de 163,8 milliards DH (+9,5 %). La production industrielle a atteint au niveau de Rabat-Salé-Kénitra une production de l’ordre de 97,7 milliards DH marquant ainsi une progression de 6 %. Pour ce qui est du taux d’utilisation des capacités de production (TUC) des secteurs industriels, il ressort à 74 % en 2024 traduisant une mobilisation élevée des moyens de production et une marge de 26 % de capacités disponibles. Un niveau qui, selon la tutelle, reflète à la fois une bonne performance globale du tissu industriel et un potentiel de croissance supplémentaire permettant d’accompagner l’expansion future de la production.
Près de 90 milliards DH injectés….
L’effort d’investissement dans le secteur industriel a atteint un niveau record confirmant la confiance des opérateurs dans la compétitivité du tissu productif marocain. 89,7 milliards DH ont été injectés dans le secteur en 2024, en hausse de 30,2 % par rapport à 2023. « Cette progression témoigne d’une dynamique d’investissement soutenue et d’une confiance renforcée des investisseurs dans le tissu productif national, portée par la stabilité du cadre macroéconomique, les incitations publiques à l’investissement et la montée en puissance des filières à forte valeur ajoutée », apprend-on à cet égard. Et de poursuivre : « Cette performance exceptionnelle a été portée par des secteurs clés à forte intensité capitalistique, notamment le secteur de la chimie et parachimie qui s’impose comme principal moteur d’investissement avec un montant de 47,7 milliards DH en 2024, en hausse spectaculaire de +53,1 % par rapport à l’année précédente. Il est suivi du secteur automobile, dont les investissements ont atteint 15,7 milliards DH, soit une augmentation de +2,3 milliards DH ».
Il est à noter que le taux d’investissement, mesuré par le rapport entre l’investissement et la valeur ajoutée, s’est établi à 37,4 % en 2024 contre 31,8 % en 2023, enregistrant ainsi une progression de 5,6 points. Par secteur, la chimie et parachimie s’est distinguée par le taux d’investissement le plus élevé, atteignant 95,4 %. L’industrie pharmaceutique arrive en deuxième place avec 49,6 %, suivie de la plasturgie avec 46,7 %, de l’automobile avec 27,6 % et des industries électrique et électronique avec 25,9 %.
L’Automobile, pilier majeur de la création de richesse industrielle
Compétitivité industrielle. L’année 2024 consacre l’industrie automobile comme principal pilier de la compétitivité marocaine. Pour la première fois, le secteur automobile s’est hissé au premier rang sur l’ensemble des indicateurs économiques majeurs de l’industrie nationale. Le chiffre d’affaires du secteur automobile a atteint un niveau record de 195,8 milliards DH en 2024, soit une augmentation fulgurante de +79 % en quatre ans. Il représente désormais 22 % du chiffre d’affaires industriel global. En termes de production, l’automobile atteint une valeur de l’ordre de 193,2 milliards DH, en hausse de plus de 80 % depuis 2021, dépassant les secteurs historiques comme l’agroalimentaire et la chimie-parachimie. Son taux d’utilisation des capacités s’est situé autour de 80 %. Par ailleurs, la valeur ajoutée du secteur s’établit à 56,9 milliards DH, en hausse de 73 %. Le secteur s’érige également en tant que premier employeur avec plus de 251.000 postes, soit 24 % de l’emploi industriel. En parallèle, les investissements du secteur se sont hissés à 15,7 milliards DH contre 8,1 milliards DH une année auparavant, soit près du double en quatre ans. Le volume cumulé d’investissements a atteint, quant à lui, environ 37,2 milliards DH.










