Le "fond Reza de l’amour" (du nom d’un des imams chiites), doté de 12.000 milliards de rials, est la première loi proposée par le nouveau gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad, qui a remporté l’élection présidentielle de juin, promettant notamment une distribution équitable des revenus pétroliers et de lutter contre le chômage parmi les jeunes.
"Le fonds va résoudre les problèmes que rencontre la jeunesse concernant le chômage, le mariage et le logement", a déclaré Farhad Rahbar, vice-président et chef de l’Organisation de gestion et planification.
Le fonds sera également alimenté par des dons charitables et aura un comité de gestion dans chacune des 30 provinces du pays.
Le nouveau projet doit être soumis à l’approbation du Parlement, ultra-conservateur comme le président, mais il ne devrait pas rencontrer de difficultés, les députés souhaitant régler les problèmes économiques du pays.
Le Parlement souhaite également puiser dans le fonds de stabilisation pétrolier — une caisse créée avec l’excédent de revenus pétroliers –.
La Compagnie nationale du pétrole avait indiqué fin juillet que l’Iran s’attend à enregistrer un excédent de 24,4 milliards de dollars de revenus pétroliers par rapport à ce qu’il avait budgété pour l’année iranienne en cours (mars 2005 à mars 2006).
Selon un responsable de la Compagnie nationale iranienne du pétrole (NIOC) cité alors dans la presse, l’Iran devrait encaisser cette année 40,5 mds USD de revenus pétroliers en exportant 900 millions de barils, grâce à la flambée des prix.
L’Iran avait budgété des rentrées de 16,1 mds USD. L’an dernier, l’Iran, deuxième producteur de l’Opep, a tiré 32 mds USD de ses exportations de pétrole, qui représentaient la moitié des recettes de l’Etat et 85% des exportations.
L’emploi, le mariage et le logement sont les trois préoccupations principale de la jeunesse iranienne.
Le taux officiel du chômage (13%) est grandement sous-estimé. Un jeune sur quatre serait au chômage. L’Iran est bien loin de créer les 750.000 emplois qui seraient indispensables pour absorber l’arrivée sur le marché du travail de jeunes générations pléthoriques.
La loi islamique en vigueur en Irak fixe l’âge minimum de mariage à 9 ans pour les filles et 15 ans pour les garçons. Les mariages des adolescents sont encore la norme dans les zones rurales du pays où le problème du logement est cependant moins important.
Mais le coût élevé des logements dans les centres urbains pousse la moyenne nationale d’âge de mariage, qui atteint actuellement les 25 ans pour les femmes et 28 pour les hommes. A Téhéran, le salaire moyen d’un fonctionnaire se situe autour de 220 dollars par mois, alors que loyer d’un petit appartement s’élève à au moins 300 dollars par mois.
Ainsi, de nombreux jeunes ne se marient pas et habitent chez leurs parents. Ces derniers craignent à leur tour la charge financière d’un mariage: fêtes, cadeaux et meubles.
Les mariages tardifs sont un phénomène social problématique aux yeux de l’établissement clérical qui favorise le mariage pour combattre la promiscuité et la prostitution.
Le nouveau gouvernement s’inspire d’un plan appliqué par M. Ahmadinejad alors qu’il était maire de Téhéran. En vertu de ce plan, les jeunes souhaitant se marier bénéficiaient de prêts sans intérêt et à long terme.









