La réunion du Conseil de la présidence de l’Union du Maghreb arabe (UMA) qui devait avoir lieu, aujourd’hui, dans la capitale libyenne, Tripoli, a été reportée sine die.
La décision a été officiellement annoncée par un communiqué officiel du secrétariat du Comité populaire général des liaisons extérieures et de la coopération internationale (ministère des Affaires étrangères de la Jamahirya arabe libyenne) rendu public, hier à la mi-journée.
Le communiqué a indiqué que le 7ème Sommet de l’Union du Maghreb arabe a été reporté pour permettre de réunir les conditions propices à sa tenue. Une mission qui incombe désormais au leader libyen, Muammar Kadhafi, laisse entendre le communiqué de la diplomatie de la Jamahirya. Le Sommet a été reporté "afin que le président du Conseil de la présidence de l’Union du Maghreb arabe puisse préparer le climat fraternel propice à sa tenue à une date ultérieure".
Adoptée après plusieurs réunions de concertations entre les ministres des Affaires étrangères des cinq pays membres de l’UMA qui se trouvaient à Tripoli pour préparer la réunion des chefs d’Etat maghrébins, la décision du report était attendue et prévisible, selon les observateurs. La décision de SM le Roi Mohammed VI de ne pas participer personnellement à cette réunion en protestation contre l’attitude hostile aux intérêts du Maroc adoptée par le président de la république algérienne la veille du Sommet laissait présager une annulation de la rencontre. Certes, le Maroc a maintenu sa participation aux travaux de cette réunion puisque le Souverain a chargé le ministre des Affaires étrangères de diriger la délégation marocaine, mais la tenue du sommet en l’absence de SM le Roi n’aurait pas abouti à la relance du processus d’intégration maghrébine telle qu’espérée par le pays d’accueil. En effet, la Jamahirya arabe libyenne voulait faire du sommet de Tripoli la rencontre de la relance du processus maghrébin après onze ans de rupture.
Mais, cette objectif ne pouvait être atteint en l’absence d’un climat d’apaisement et d’accalmie entre tous les pays membres. D’ailleurs, la Libye avait bien choisi le moment pour lancer son appel à la tenue du Sommet qui n’est intervenu qu’au lendemain de la rencontre qui avait eu lieu entre SM le Roi Mohamed VI et le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, en mars dernier à Alger, en marge du sommet arabe. Une rencontre qualifiée d’historique par les observateurs des questions maghrébines et qui avait laissé entrevoir un espoir de normalisation des relations maroco-algériennes après une crise diplomatique qui perdurait depuis plus d’une décennie.
Il faut signaler à ce propos, que la réunion entre les deux chefs d’Etat avait effectivement permis aux deux leaders de convenir d’un processus de normalisation des relations des deux pays axé essentiellement sur la préparation d’un climat propice à la relance des liens d’amitié et de fraternité censés être le moteur d’une véritable relance des relations bilatérales.
Parmi les points essentiels de cet accord figure la modération de la position algérienne sur la question du Sahara marocain notamment en évitant, du côté algérien, toute position ou déclaration de nature à envenimer le climat entre les deux pays.
Mais, Bouteflika ne respectera pas ses engagements. Juste après la tenue du Sommet arabe, et plus précisément après l’annonce par le Maroc de la décision de SM le Roi Mohammed VI de répondre favorablement à l’invitation du leader libyen Muammar Kadhafi à prendre part au Sommet maghrébin, le chef de l’Etat algérien a renoué avec ses attitudes anti-marocaines et a commencé à multiplier les déclarations hostiles à l’intégrité territoriale du Royaume. Et là, Bouteflika a fait de très mauvais calculs. Ayant réussi son Sommet arabe et obtenu la participation du Souverain à la réunion maghrébine de Tripoli, il s’est dit que les jeux étaient déjà faits et qu’il pouvait se permettre de violer les termes de l’accord d’Alger.
Mais, la réponse de SM le Roi a été ferme, sage et diplomatiquement très habile. D’abord, le Souverain n’a pas annulé la participation du Maroc au Sommet maghrébin donnant ainsi une nouvelle preuve de l’adhésion du Royaume aux espoirs de tous les Maghrébins qui rêvent d’une UMA forte et prospère.
Ensuite, le Maroc a tenu à expliquer les raisons qui l’ont poussé à prendre sa décision de limiter sa participation à la délégation dirigée par le ministre des Affaires étrangères. Il s’agit-là d’une initiative diplomatique audacieuse puisque le communiqué du ministère des Affaires étrangères s’adressait à l’opinion publique maghrébine pour lui montrer là où le chef de l’Etat algérien n’a pas respecté ses engagements compromettant ainsi les chances de la relance du processus de l’UMA. "Le Royaume du Maroc déplore vivement les déclarations et positions officielles que l’Algérie a cru devoir exprimer ces derniers jours sur la question du Sahara marocain, alors que les deux pays voisins et frères avaient décidé, en mars dernier à l’occasion de l’importante et historique visite de SM le Roi MohammedVI à Alger, de s’engager résolument et sincèrement dans la voie de l’apaisement et de la normalisation en laissant notre question nationale trouver une solution définitive dans le cadre des Nation unies", explique le communiqué du ministère des Affaires étrangères annonçant la décision de SM le Roi de ne pas participer personnellement au Sommet de l’UMA. Une position claire et une décision pertinemment argumentée.
Aujourd’hui, avec son hostilité gratuite envers le Maroc et sa cause légitime, le président Bouteflika a provoqué, encore une fois, le blocage de la marche maghrébine. Il assume ainsi la responsabilité grave d’avoir fait rater à tous les citoyens du Maghreb le train du développement dans le cadre de l’Union et de l’intégration régionale.









