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Mohamed Darif : «L’occasion de composer avec Al Adl Wal Ihssane se présente»

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ALM : Quel est l’impact de ce retrait sur le mouvement du 20 février?
Mohamed Darif : Il y a un message bien clair que veut diffuser Al Adl Wal Ihssane à travers son retrait. C’est Al Adl Wal Ihssane qui constitue le socle du Mouvement du 20 février. Et tout le monde le sait. C’est vrai aussi qu’il y a un partenariat entre les partis de la gauche radicale et la mouvance. Mais au niveau du coût, de l’organisation, de la logistique, de l’encadrement et même au niveau humain, c’est Al Adl qui paye les frais. Aujourd’hui avec son retrait, le Mouvement du 20 février ne va pas mettre un terme à ses manifestations, mais celles-ci se feront avec moins d’ampleur et avec des difficultés à se généraliser sur l’ensemble des villes du Royaume.

Comment donc expliquer ce retrait ?
Il faut mettre en exergue que l’avenir du Mouvement du 20 février était lié au fait d’assurer une homogénéité entre ses composantes. Al Adl a profité du mouvement pour manifester depuis la date du 20 février et montrer ses capacités en mobilisation et en sensibilisation. Le problème c’est que Al Adl a été racketté par les petits partis de la gauche. La mouvance a été obligée de ne brandir que les slogans de la gauche, notamment «la Monarchie parlementaire», «une nouvelle Constitution», etc. Et même quand de petits groupes salafistes affichaient des slogans religieux, la gauche voyait cela d’un mauvais œil et pointait Al Adl du doigt. Al Adl jouait en quelque sorte en faveur de la gauche. C’est cela qui a expliqué ce retrait.

Peut-on considérer que ce retrait est un cadeau pour le gouvernement Benkirane ? 
On dit que c’est un cadeau pour le gouvernement Benkirane. Je ne crois pas que ce soit le cas. Parce qu’il y a plusieurs divergences entre le PJD et Al Adl. Ce dernier considère que son gouvernement ne diffère pas des autres et que c’est le Roi qui gouverne. Pour Al Adl, la mission de Benkirane est d’éradiquer le Mouvement du 20 février. Mais aujourd’hui, des parties ont réussi à jouer sur les contradictions et divergences du mouvement. Par ailleurs, les leaders d’Al Adl ont mal reçu les déclarations de Benkirane quand il a demandé à la mouvance de travailler à l’intérieur des institutions. Cela était perçu chez eux comme s’il étiquetait Al Adl Wal Ishsane de «mouvance hors du système» et du coup extrémiste.

La normalisation des relations avec Al Adl est-elle aujourd’hui possible ?
Le gouvernement a du travail à faire sur les plans politique, diplomatique, social et économique. Le retrait d’Al Adl lui complique la tâche. Il aurait pu à un moment utiliser la carte du dialogue avec Al Adl pour redorer son image. Aujourd’hui Al Adl ne compte pas sur un dialogue avec le gouvernement et ne veut pas lui donner ce prétexte. Mais on peut dire que la balle est dans le camp des décideurs pour la normalisation des relations avec Al Adl. Arsalane, le porte-parole de la mouvance, a exprimé le souhait de cette dernière d’être reconnue et de se transformer en parti. Aujourd’hui l’occasion de composer avec cette mouvance se présente.

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