ALM : Le Réseau marocain pour la défense des droits des hommes a dénombré 4.000 cas d’hommes violentés sur une période de plus de 3 ans. Quelle lecture faites-vous de ce phénomène ?
Mustapha Abou Malek : La question qu’il faut se poser face à ce phénomène est : combien ce chiffre représente-t-il face aux cas de violences contre les femmes. La réponse est claire et n’a pas besoin d’être chiffrée. Relever 4.000 cas d’hommes violentés cela reste vraiment minime. Maintenant, s’il y a un enseignement à tirer, c’est bien celui que ce sont des cas fortement exceptionnels. La règle dans notre société c’est plutôt de parler de femmes battues ou violentées et, dans ce sens, il s’agit là d’un phénomène infime.
Si la violence contre les hommes ne fait pas partie de notre culture et notre société, comment expliquez-vous ces statistiques ?
Je crois bien que pour comprendre ces cas, il faut s’adresser à un psychologue. Pour moi, il s’agit de cas pathologiques par excellence. Etre victime de violences et accepter son sort dans une société purement masculine est automatiquement d’ordre pathologique. C’est une situation qui dépend beaucoup de la personnalité de l’homme violenté, de son histoire personnelle, de sa situation sociale et surtout de sa dépendance psychologique ou financière. En effet, un homme dépendant d’une femme financièrement ou émotionnellement peut se retrouver en situation de violence.
La société actuelle avec le développement rapide qu’elle connaît et son ouverture à l’Occident est-elle un vecteur de ce phénomène ?
Pas du tout, comme je l’ai dit avant, nous vivons dans une société grandement masculine. Ce phénomène ne fait, donc, pas partie de notre société et encore moins de la société occidentale. Dans nos cultures respectives, l’homme est toujours perçu comme le dominateur. Et pire, au Maroc nous gardons encore une vision négative et réductrice de la femme qui est considérée comme à la merci de l’homme. Ce que je peux dire là-dessus c’est qu’il s’agit d’un phénomène émergent et qu’il faut le laisser prendre forme avant d’y porter un jugement.
Le Réseau marocain pour la défense des droits des hommes a recueilli des cas de harcèlement sexuel contre des hommes. Sommes-nous face à un nouveau phénomène social ?
Il n’y a pas encore eu d’études à ce sujet et donc je ne peux pas me prononcer là-dessus. C’est vraiment un phénomène émergent et je préconise de laisser le temps nous tracer son évolution. On verra par la suite, si les cas se multiplient, là on pourra parler de phénomène social.










