Politique de la ville : Le plan Benabdellah

Politique de la ville : Le plan Benabdellah

Nabil Benabdellah passe à la vitesse supérieure. Le ministre de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville vient en effet de dévoiler une batterie de mesures. Il s’agit notamment du projet de décret instituant le Comité interministériel permanent de la politique de la ville. Selon les responsables du ministère, ce projet vient concrétiser les recommandations du débat national sur ce sujet, à travers notamment la mise en place d’un cadre institutionnel et réglementaire qui veille à assurer la convergence et l’intégration des programmes sectoriels et assurer une meilleure coordination des politiques publiques tant au niveau de leur conception qu’au niveau de leur mise en œuvre dans les zones urbaines sensibles et les secteurs sous-équipés.

Le département de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville parle «d’une nouvelle approche basée sur le volontarisme, la participation de tous les acteurs concernés et la contractualisation des engagements convenus, et ce dans le but de créer des villes durables, productives des richesses, compétitives, solidaires, et inclusives capables d’intégrer les différentes couches sociales et de répondre aux besoins des citoyens».

Le chantier est donc énorme. Plusieurs projets «expérimentaux» en quelque sorte ont été lancés. «L’expérience des premiers projets de la politique de la ville lancés par le ministère en partenariat avec les départements gouvernementaux et les collectivités territoriales concernées a montré le besoin pressant d’un outil institutionnel interministériel capable d’assurer la convergence en amont des différents programmes sectoriels pour aboutir à des projets intégrés au niveau des villes», expliquent les responsables.

Par ailleurs, le ministère a annoncé la mise en place de quatre nouvelles agences urbaines. Dans ce sens, un projet de décret a été présenté. Pour le département de Benabdellah, ce décret est «l’aboutissement d’une réflexion globale sur le repositionnement des agences urbaines, qui a été engagée par le ministère de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville, 29 ans depuis la création de la première agence urbaine à Casablanca en 1984».

Actuellement, le ministère dispose d’un réseau de 26 agences urbaines, 33 antennes et 108 guichets uniques. «Malgré ces acquis positifs, certains territoires connaissent toujours des déficits énormes en termes d’encadrement compte tenu de l’étendue du ressort territorial de certaines agences urbaines, de leurs volumes d’activité (planification, gestion urbaine et accompagnement des projets structurants)», explique-t-on au ministère. La création de ces nouvelles agences urbaines devrait combler ces déficits en  renforçant le maillage institutionnel de ces agences à travers le territoire national.

Les nouvelles agences seront créées à Taroudant, Berrechid, Larache et Skhirat-Temara. Les responsables disent que la création de ces quatre agences vient répondre aux besoins, aux demandes et doléances exprimés à plusieurs reprises par les élus, les autorités locales et les acteurs économiques.

Un Comité interministériel permanent de la politique de la ville

Le Comité interministériel permanent de la politique de la ville comprend, sous la présidence du chef de gouvernement, les différents départements gouvernementaux en rapport direct avec la politique de la ville. Il est chargé, notamment, de définir les orientations générales de la politique de la ville et de mobiliser les départements gouvernementaux pour activer la contractualisation des projets de la politique de la ville et de veiller au respect des engagements des différents intervenants. Le comité est chargé, en outre, de proposer les  mesures de nature à assurer l’intégration et la convergence des projets intégrés des villes et d’évaluer les politiques publiques urbaines ainsi que le bilan des projets exécutés dans le domaine de la politique de la ville. Il tient une session ordinaire chaque année, selon l’ordre du jour proposé par le ministère qui en assure le secrétariat et il peut se réunir chaque fois qu’il est nécessaire, sur demande de son président. A noter que le projet de décret prévoit que ce comité comprend  un nombre limité de ministères ayant un rapport direct avec le domaine de la politique de la ville, et ce en vue d’assurer la célérité de ses travaux et garantir l’efficience requise au niveau de ses actions.

Des écoles d’architecture

Un projet de décret de création des Ecoles nationales d’architecture dans les villes de Fès, Marrakech, Casablanca, Agadir, Oujda et Tétouan vient d’être présenté. Ce projet vise le renforcement du dispositif de formation publique dans le domaine de l’architecture, en vue d’augmenter l’offre publique dans ce domaine et d’élargir la capacité d’accueil. Cette initiative permet d’ouvrir l’accès à de grandes écoles au profit d’un plus grand nombre d’étudiants conformément aux recommandations de la Charte nationale de l’éducation et de la formation et aux dispositions de la loi N° 01-00 relative à l’organisation de l’enseignement supérieur. L’ouverture desdites écoles s’effectuera progressivement  en deux phases. Durant la première phase, il sera procédé à la création de trois écoles dans les villes où se situent actuellement les annexes relevant de l’Ecole nationale d’architecture de Rabat : il s’agit de  Tétouan, Fès et Marrakech. Dans une phase ultérieure, à l’horizon 2015, on procédera, si les moyens financiers et humains le permettent, à la création de trois autres écoles.

Critères

La création de quatre nouvelles agences urbaines vient pour renforcer le réseau national des agences urbaines. Selon le ministère, le choix a obéi à un ensemble de critères objectifs dont notamment les territoires soumis à une forte pression urbanistique (prolifération de l’habitat insalubre, …) et le renforcement de l’assistance aux collectivités territoriales dans la gestion urbaine. La promotion de l’investissement et l’accompagnement des projets structurants ont été également pris en considération. Parmi les critères retenus, on retrouve également le nombre de collectivités territoriales et la densité de la population ainsi que le déficit en encadrement pour la planification des territoires. A noter que toutes les agences urbaines du Royaume sont sous la tutelle du ministère de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville sauf une. En effet, l’Agence urbaine de Casablanca relève du ministère de l’intérieur.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *