Couverture

Quand l’associatif redonne de la confiance

La rupture entre les jeunes et les formations politiques est consommée depuis plus de deux décennies. Pour la plupart des jeunes marocains, adhérer au champ politique ou se soumettre à l’encadrement partisan est une peine perdue d’avance.
Cette donne est imputée à ce sentiment chez la jeunesse d’être instrumentalisée par les politiciens, notamment pendant les expériences électorales précédentes. Des candidats, de n’importe quelle couleur, qui se mêlent quotidiennement aux jeunes leur promettant monts et merveilles lors de la campagne électorale et qui disparaissent aussitôt après avoir acquis leurs sièges, laissant les jeunes boire leur coupe d’amertume jusqu’à la lie. La fin des années 90 a connu l’émergence de plusieurs nouvelles notions et particulièrement ce que l’on appelle la Société civile. Beaucoup d’associations d’utilité publique ont vu le jour et se sont mises au travail de proximité faisant participer les citoyens en les intégrant effectivement dans des projets de société.
En ce qui concerne les jeunes, l’expérience du réseau associatif «Maillage» reflète nettement l’image de l’adhésion des jeunes à l’action associative. Ce réseau est conçu spécialement d’associations de jeunes des quartiers populaires et marginalisés. En l’espace de quelques mois seulement, on a pu constater une adhésion massive des jeunes qui, malgré leur amertume et leur situation précaire se portent volontaires aux activités en faveur de leurs quartiers. C’est juste un problème de communication et de confiance, comme l’explique Abdeljalil Bekkar, président de l’association «initiative urbaine» et du réseau Maillage Maroc.
«Les jeunes ne demandent qu’à être écoutés, c’est la moindre des choses de les mêler aux problèmes de leur environnement et de les faire participer aux activités qui concernent le milieu dans lequel ils vivent. Jamais nous n’avons été confrontés à un refus de la part d’un jeune, quand on lui demande un service au profit de son quartier.
Que ce soit une campagne de propreté, un débat autour d’une problématique quelconque, une activité artistique ou sportive etc, les jeunes répondent présent sans aucune condition.»Sans aucune condition revient à dire que ces jeunes, dont une grande partie sont des chômeurs, ne réclament pas d’argent ou de service personnel en contrepartie. Ils font preuve d’un véritable sens de responsabilité car ils ne manquent jamais à leurs engagements.
C’est dire que les associations ont réussi là où les partis politiques ont échoué. Pourquoi,donc, ne pas soutenir ces associations et les mettre en exergue à travers l’aide des autorités concernées ? Le coup en vaut vraiment la chandelle, si nos jeunes retrouvent la confiance qu’ils ont perdue depuis longtemps et s’attellent pour participer à la nouvelle politique de développement durable.