La sur-liquidité du marché monétaire observée depuis un certain moment inquiète plus qu’elle surprend. Il y a une semaine, de nouveau le loyer de l’argent a frisé le taux de 0%. Un niveau record qui n’a pas été observé depuis juillet 2001. Une telle situation est loin d’être conjoncturelle. Elle remonte à trois ans. Elle s’est accentuée en 2002.
En tout cas, cette sur-liquidité semble conforter les autorités de tutelle, mais elle ne réjouit guère les intervenants du marché qui sont les premiers à en souffrir. Face au manque de visibilité, ces derniers se dirigeront fatalement vers des placements dont les maturités sont à court-terme. Tant que les taux sont bas, les gestionnaires ne réaliseront pas des plus-values sur les opérations qu’ils réalisent. L’absence de débat entre les différents acteurs du marché autour de cette situation ne fait qu’alimenter le manque de visibilité sur le long-terme.
Pour le moment l’autofinancement du système étant assuré, l’on se demande aujourd’hui sur les raisons des banques à ne pas suivre le mouvement de la baisse des taux. La prudence reste toujours de mise chez la quasi-totalité d’entre elles. Opérateurs économiques et clients classiques des banques ne bénéficient donc pas de cette tendance. Faut-il conclure par là que les banques trouvent du mal à fructifier les fonds dont ils disposent. Peut-être par manque de projets d’investissements novateurs.
Cet argument est loin d’être convaincant, si l’on en juge par les propos des chefs d’entreprises qui remettent en question la volonté des banques à jouer le jeu. Pourtant, les Etats-majors des établissements bancaires s’entêtent à confirmer le contraire. Ils estiment que les investissements productifs se font de plus en plus rares. Seuls les grands groupes s’engagent dans de pareils investissements. A la lumière de la situation actuelle, s’achemine-t-on vers une impasse ? Tout porte à le croire. Du moins pour le moment.








