Couverture

Sauver l’avenir

Depuis toujours, l’eau constitue pour le Maroc une denrée stratégique. Mais malgré cette donne, sa gestion n’a pas toujours été à la hauteur. Et c’est logique que l’on doit périodiquement faire face aux méfaits de la sécheresse ou aux effets dévastateurs des inondations. ;La déperdition dans ce domaine bat son plein. Non seulement des eaux qui se jettent dans la mer sans avoir servi à quoi que ce soit, non seulement des canaux d’irrigation et d’eau potable défaillants, mais surtout la tradition de la collecte des eaux est perdue. Le système des Khattarates (des centaines de kilomètres de conduites d’eau souterraines) datant de la période des Al Moravides et renforcés par les Saadiens dans la région du Haouz est délaissé, alors qu’il pouvait toujours servir.
L’urbanisation galopante a elle aussi eu ses effets. Mais un plan stratégique pour la sauvegarde de l’eau est impératif. Il doit permettre non seulement de faire face aux situations de crise – sécheresse et inondations- mais aussi en période normale pour pouvoir mieux gérer cette denrée et en tirer le maximum de profit.
Dans ce cadre, on inscrit l’annonce par Abdelkébir Zahoud, le secrétaire d’Etat chargé de l’Eau de la mise en place d’un plan national de prévention contre les inondations. Ce plan, dont les études devront débuter en 2003, intéressera 390 sites menacés par les inondations. Pour associer tout le monde à la nouvelle vision du gouvernement, un livre blanc sur les régions menacées par les inondations, sera publié par le même département sous peu. Signalons au passage que le seul fait de nommer un ministre spécialement chargé de l’eau est l’illustration même de la prise de conscience par les pouvoirs publics de la nécessité de prendre des mesures radicales pour une meilleure gestion de l’eau. C’est l’avenir du pays qui est en jeu.