C’est la vigilance des gardes de sécurité de l’hôtel qui aura été décisive la soirée noire du vendredi dernier. Deux jeunes hommes modestement habillés et portant des petits sacs à dos, s’approchèrent de la porte de l’hôtel et essayèrent de la franchir vers le hall. L’apparence contrastant avec celle de la clientèle ordinaire des lieux a vite fait d’alarmer un garde de sécurité qui s’est tout de suite opposé aux deux intrus. Le garde a été ferme. Interdiction d’entrer. Aussitôt les choses vont dégénérer vers un violent accrochage. L’un des deux jeunes en question brandit une longue machette et la fit tournoyer atteignant le pauvre garde en plein ventre. C’est à ce moment qu’un bagagiste du personnel de l’hôtel se jeta sur le jeune armé le ceinturant des deux bras. La déflagration qui allait suivre fut assourdissante et a été entendue à plusieurs mètres à la ronde. Le courageux bagagiste fut tué sur le coup alors que son corps déchiqueté, il n’en restait que la tête. La façade de l’hôtel fut entièrement détruite, tandis que le hasard a épargné le deuxième terroriste qui n’a été qu’étourdi par le souffle de l’explosion. Reprenant connaissance quelques instants plus tard, il va se relever, laisser tomber la bombe et prendre ses jambes à son coup. Mal lui en prit. Il est immédiatement poursuivi et arrêté par des agents de sécurité de l’hôtel et des citoyens qui se trouvaient à proximité. Muet comme une carpe, le terroriste se laissa aller. Il avait sur lui une bombe lacrymogène qu’il ne parviendra pas à utiliser pour couvrir sa retraite. Il devait être sous le choc se demandant comment il était sorti intact du cœur d’un brasier. Pourtant l’explosion a fait beaucoup de blessés légers et de grands dégâts matériels.
Des voitures qui stationnaient dans les parages ou passaient à proximité furent soulevées par le souffle de la déflagration. Les camions de dépannage s’activaient à débarrasser les lieux. Avec l’arrivée massive des citoyens, ce fut la débandade totale dans la zone sinistrée, sans parler de la panique qui s’est emparée des clients de l’hôtel qui voulaient quitter les lieux sur-le-champ. Le hululement des sirènes des ambulances couvrit le brouhaha et l’arrivée des différents services de sécurité qui ont vite fait de maîtriser la situation. En récupérant les débris humains, ce qui restait du corps du pauvre bagagiste, les sapeurs-pompiers vont tomber sur un petit sac à dos. Personne ne s’était douté qu’il contenait une autre machine mortelle : la bombe du deuxième terroriste qui n’a pas explosé.
Tout le monde était trop occupé par le ramassage des restes des cadavres pour soupçonner l’existence d’une bombe. L’arrivée des artificiers de la gendarmerie royale va résoudre le problème. Ils se sont vite emparés de la bombe essayant de la désamorcer. Chose qui s’avérait très compliquée compte tenu de la nature de la bombe, très sophistiquée. Pour parer au risque, les gendarmes font vider les lieux et les alentours, comme ils ont demandé l’évacuation de tous les clients de l’hôtel. Aussitôt dit aussitôt fait. À une heure du matin, la brigade de désamorçage s’attaque à la bombe encore inerte, mais qui risquait d’exploser à n’importe quel moment. L’attente fut pénible et insupportable. Ce n’est qu’aux environs de six heures du matin, après que les gendarmes l’ont ensevelie sous une couche de terre dans un endroit isolé, que la bombe allait exploser marquant ainsi la fin d’une panique annoncée.








