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Sida : Au-delà de la maladie

La prévalence du sida chez la femme enregistre une montée inquiétante. Ce n’est d’ailleurs pas fortuit que, cette année, la Journée mondiale de lutte contre le sida fût placée sous le signe de la femme. En effet, la femme, de par son anatomie, est plus encline à être contaminée par le virus que son alter ego masculin. Il est cependant à noter que l’on parle, dans ce cas, de la transmission par voie sexuelle. L’organe génital féminin est principalement constitué de muqueuses.
Par nature, les tissus muqueux sont connus pour leur degré de vulnérabilité accru. Facilement sujettes aux lésions, les muqueuses permettent le passage du virus, lorsque le partenaire porteur du virus présente, lui aussi, une lésion au niveau de l’appareil reproductif ou, tout simplement, à travers le sperme, exposant, ainsi, en permanence la femme au sida. En d’autres termes, une femme saine présente plus de risques quant à la contraction de la maladie de la part d’un homme contaminé, que dans le cas inverse (homme sain et femme porteuse du virus).
La détérioration de la santé psychologique précède généralement celle de la santé physique. La réputation de la maladie et, surtout, son caractère de maladie incurable, plonge le sujet atteint dans l’angoisse et la tourmente. La dégradation de l’état physique n’intervient que par la suite. Cela dit, c’est le cas de personnes bien portantes ayant fait l’objet d’un dépistage, et non celui de personnes, rares, qui ne décèlent la maladie qu’à un stade avancé et suite à une hospitalisation. Cependant, au-delà de cet aspect dévastateur du sida, le contexte social, même dans certains pays développés, est la cause primordiale de la déchéance globale d’un malade du sida. En effet, dans des sociétés telles que la nôtre, le sida est assimilé à «la maladie des prostitués et des homosexuels».
Cette vision simpliste et discriminatoire – inhumaine au passage – écarte les véritables maux dont souffre la personne pour se focaliser sur son mode de vie, dont le choix n’appartient qu’à lui-même. Lorsqu’il s’agit bien d’un choix et non d’une contrainte. Ainsi, un malade du sida est quelqu’un qui paye pour ses péchés. Quelqu’un qui mérite ce qui lui arrive. Quelqu’un qu’il faut fuir, qu’il faut marginaliser et, si possible, qu’il faut brûler vif ou enterrer vivant. Une vision, hélas, qui déborde d’ignorance et de déficit culturel et humaniste. Une vision dont l’auteur, toutefois, dispose de toutes les qualités pour passer au bûcher. Car, quel que soit le mode derrière sa contamination, que la personne soit prostituée ou homosexuelle, cela n’est pas à même de la taxer du sceau de l’hérésie. «J’ai peur qu’on découvre que je suis malade… J’ai peur pour mes enfants.» Cette déclaration relayée par la MAP, faite par une femme atteinte de la maladie, reflète amplement la détresse dans laquelle vivent les gens porteurs du virus. À telle enseigne que les ravages causés par le virus sur sa santé sont purement occultés et ne lui posent plus de souci. Sa vraie maladie, c’est le contexte social et culturel dans lequel elle est contrainte de vivre. Pourtant, elle n’est ni homosexuelle ni prostituée. Veuve et mère de deux enfants, cette femme a été contamiée par son mari. Pour une femme qui accepte de témoigner, combien se résigne-t-elle à endurer le mal qui les ronge dans l’anonymat le plus total ?

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