Du côté du Polisario et de ses dirigeants, l’heure est à la surenchère. Une surenchère qui a des allures de fuite en avant.
Mohamed Abdelaziz, le «président» de la «République arabe sahraouie et démocratique» a indiqué que la nouvelle proposition de M. Baker, prolonge de cinq ans encore «le drame auquel la région a été soumise depuis plus de 27 ans» (…). Dans une récente interview au quotidien espagnol, “Canarias 7”, et rapportée par l’agence sahraouie “SPS”, il a ajouté : «Nous voulons que le processus des recours continue pour terminer l’identification des votants». «On ne peut jeter par-dessus bord le travail minutieux et exhaustif qui a été fait depuis 1991» (…) «qu’on accepte notre proposition d’étudier les recours en instance par la commission d’identification et qu’on aille au référendum prévu», a-t-il poursuivi, estimant que la consultation populaire peut être organisée «en une année approximativement». Rappelant que le Front Polisario a remis James Baker, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, ses commentaires sur sa dernière proposition, il a ajouté que « le Plan de paix onusien continue à être la seule option valable».
Interrogé si la RASD continuerait à avoir confiance dans l’ONU après ses déboires en Irak, Mohamed Abdelaziz a relevé l’actuel «anachronisme» de l’ONU, constatant qu’il n’y avait pas d’autres alternatives. «Nous continuerons à recourir aux Nations unies comme instance pour garantir la paix, la sécurité et la justice dans le monde». Le «président de la République» a, d’autre part, indiqué que les «Sahraouis vivent dans la déception au jour le jour et la frustration pour la longue attente à laquelle ils sont soumis», déplorant «la détérioration de l’image de l’ONU pour laquelle les Sahraouis ont donné leur confiance depuis plus de douze ans». Sur un autre plan, et dans sa tactique de rapprochement avec Madrid, il a essayé de raviver –au niveau qui est le sien – la tension entre le Maroc et l’Espagne. Et à cet égard, il a souligné que «le flux migratoire vers l’Espagne en provenance du Maroc est utilisé à bon escient par Rabat». «La pêche, le trafic de drogue, les revendications de Ceuta et Melilla, l’incident de Perejil et les pateras ont toujours été des cartes de chantage utilisées par le Maroc contre l’Espagne», a-t-il affirmé, ajoutant, péremptoire, que «tout ceci prendra fin quand il y aura un Sahara indépendant». Mais il a gardé le meilleur pour la fin en affirmant que la direction du Front Polisario est soumise «à des pressions constantes de la part de larges secteurs de notre peuple pour reprendre les armes comme unique moyen de pression pour obtenir nos droits». «Mais je crois que d’ici à la célébration du congrès nous aurons le temps de discuter de ces problèmes. Nous ouvrirons un débat au niveau de tous les secteurs et les conclusions seront soumises au congrès», a-t-il indiqué. Manière malhabile de souffler le chaud et le froid. Concernant la réduction de l’aide humanitaire et des mesures que le Front Polisario peut-être obligé à prendre, il a répondu : «Nous essayerons de suppléer au manque de ressources en cherchant de nouvelles sources d’aides et de donateurs». Tout le monde sait où va l’aide humanitaire, quelles quantités sont redistribuées et quelles autres sont détournées.








