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Toufiq : « le Hadj est une responsabilité colossale »

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ALM : Tout d’abord, comment le quota du Hadj pour le Maroc est-il fixé ?
Ahmed Toufiq : Le pays hôte, en l’occurrence le royaume d’Arabie Saoudite, applique une règle bien définie pour calculer le quota réservé à chaque pays. Il s’agit de la règle des 1.000 places pour un million d’habitants. Par conséquent, la part du Maroc, qui compte, en vertu du dernier recensement, une population de 30 millions d’habitants, devrait obtenir 30.000 places.
Mais le pays hôte nous a octroyé cette année 2.000 places supplémentaires. 1.600 d’entre elles sont réservées, notamment, à la délégation officielle, aux parlementaires, aux 70 imams choisis au tirage au sort, au personnel d’encadrement administratif, scientifique et sanitaire ainsi qu’à la délégation militaire. Je tiens à préciser que l’offre est bouceaup moins importante que la demande.

Cette année, le ministère des Habous a octroyé aux agences de voyages un peu plus de 10.000 places pour le Hadj. Comment s’opère cette distribution ?
Pour ce qui est de la répartition, il y a en fait deux types de produits. Le premier, doté de 20.000 places, est destiné aux catégories sociales les moins aisées. Leur distribution est assurée par le ministère de l’Intérieur qui répartit 18.000 places entre les différentes provinces et préfectures du Royaume et octroie 2.000 places restantes aux associations des œuvres sociales des établissements publics.
Quant au deuxième produit, c’est-à-dire les 10.000 postes vendus par les agences de voyages, il est destiné à une population qui bénéficie d’un pouvoir d’achat un peu plus important. Dans cette catégorie, c’est le ministère du Tourisme qui distribue les places entre les différentes agences, selon des critères qu’il met lui-même en place.
En somme, depuis l’année dernière, nous avons instauré une gestion gouvernementale des places du Hadj. Avant, il faut le reconnaître, les choses se déroulaient de manière assez floue.

A quel prix, les 20.000 postes sont-ils distribués par le ministère de l’Intérieur ?
C’est la Commission royale du Hadj, une instance informelle érigée depuis très peu en agence nationale, qui fixe ce prix.
Cette commission est composée des différents départements ministériels et administratifs concernés.
Grosso modo, elle tient compte des prix du billet d’avion délivré par la RAM (8.500 DH + 831 DH de taxe), du logement sur place pendant le pèlerinage (7.000 DH à la Mecque et 2.500 DH à Médine), du transport assuré par le Syndicat des transporteurs saoudiens (2573 DH), et enfin de l’encadrement des personnes hadj opéré notamment par des Ouléma et des agents d’accueil dépendant du service du Hadj du ministère des Habous, un SEGMA, c’est-à-dire un service géré de manière autonome et qui touche 600 DH.
En vertu de tout cela, le prix global atteint 29.331 DH moins 7.327 DH d’argent de poche, versé sur place aux pélerins.

Et qu’en est-il du ministère du Tourisme, sachant que les arnaques ont régulièrement lieu à l’occasion du Hadj ?
Pour ce qui est critères de sélection des agences, je le répète, c’est le ministère du Tourisme qui s’en charge. Je n’ai pas d’objection à proposer à Amir Al Mouminine d’augmenter le quota dévolu aux agences, mais à condition qu’elles alignent leurs prix sur ceux pratiqués par le ministère des Habous et des Affaires islamiques contre un produit équivalent.
Nous avons, avec le ministère du Tourisme, réalisé une enquête en Arabie Saoudite à l’occasion d dernier pélerinnage, Mon collègue, le ministre du tourisme, propose une investigation plus approfondie pour pouvoir décider de l’adoption de ce nouveau produit par les agents de voyages. Pour ce qui est de toutes sortes d’irrégularités, le ministère des Habous et des Affaires islamiques, en tant qu’autorité de tutelle, se sent bien évidemment, étroitement concerné. Depuis trois ans environ, nous avons introduit une notion de rationalité. Et chaque année, nous tenons à améliorer notre contrôle sur la part dévolue aux agences, et ce en partenariat avec le ministère du Tourisme.

Concrètement, quel rôle joue le ministère des Habous et des Affaires islamiques dans les préparatifs du Hadj ?
Notre responsabilité est colossale. C’est le ministère qui loue les immeubles pour le logement des pèlerins qui passent par le quota distribué par le ministère de l’Intérieur. Le ministère mobilise également un nombre important de fonctionnaires qui s’absentent pendant deux mois pour encadrer et accueillir les hadj. Voyant que notre département est privé d’une partie de ses ressources humaines, nous avons commencé à faire appel à de jeunes compétences hors du ministère. En outre, chaque année, nous débloquons environ 10 millions de DH pour financer l’opération du Hadj, en plus des recettes du SEGMA.

Que pensez-vous de l’idée d’octroyer toutes les places du Hadj à un opérateur choisi par appel d’offres ?
Dans l’intérêt des citoyens et pour assurer les meilleures conditions pour ce rituel magistralement spirituel, toutes les voies sont ouvertes devant nous. Mais le garant de toute démarche restera toujours ce ministère auquel Amir Al Mouminine délègue la gestion du religieux. Cette grande responsabilité aggrave notre position et nous impose quelques réserves.

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