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Un tournant dans l’histoire de notre pays

ALM : Que vous inspire les attentats ?
Said Saâdi : Je ne peux qu’éprouver un sentiment de révolte, de colère et d’indignation face à ces actes barbares qui sont totalement étrangers à notre culture et à notre mode de vie. donc, je ne peux que condamner avec la plus extrême vigueur ces actes ignobles qui ont été perpétrés par des criminels développant une conception très spéciale de la religion et leurs commanditaires internationaux.
Il va falloir  analyser les tenants et aboutissants de cet événement et en tirer les conclusions et lmes leçons qui s’imposent.

Justement, nous constatons une pauvreté au niveau de la pensée et de la réflexion, en ce qui concerne ces actes criminels. Qu’en dites-vous ?
C’est évident. Les gens sont encore sous le choc, car pendant longtemps, ils ont cru que notre pays est immunisé contre ce genre de fléau. Il est certain maintenant qu’il faudrait analyser ce phénomène et je crois que nous sommes à un tournant de l’histoire de notre pays.
Quelque part, nous avons sous-estimé les différentes alertes qui ont été  données par certains groupuscules radicaux agissant sous la houlette de la Salafia Al Jihadia et Assirate Al Moustaqim ( le droit chemin).
A mon avis, il s’agit là de l’aboutissement d’un processus alimenté par un discours intégriste incitant à la haine raciale. Malheureusement, nous n’avons pas été suffisamment vigilant et nous n’avons pas agi avec suffisamment de rigueur pour combattre ce fléau. Car, nous avons cru qu’il s’agissait simplement de dérapages, et ce alors que le signal était plus profond.

Est-ce que vous faites allusion aux tractations qui ont eu lieu à l’occasion de la présentation du projet du Plan national de l’intégration de la femme au développement ?
En effet, il s’agissait d’une position frontale à un projet de société visant les valeurs de démocratie et de modernité. Car, il ne peut y avoir de démocratie et de modernité sans que la femme jouisse de tous ses droits.

Quelques observateurs et certains organes de presse voient dans attentats de Casablanca un phénomène international plus qu’une question interne au pays et voisant son régime. Qu’en dites-vous ?
Le phénomène extrémiste s’alimente des problèmes que nous vivons, problèmes économiques et sociaux liés à la pauvreté, au chômage, à l’absence de logement, etc…Mais, en même temps , il y a des facteurs internationaux liés à l’arrogance impérialiste des Etats-Unis d’Amérique . Le Maroc ne peut pas rester en dehors de cette dynamique dangereuse.

Est-ce que nous ne sommes pas au début d’une ère où le militant commence à céder la place au kamikaze ?
Le kamikaze est certainement un phénomène lié à la mondialisation des moyens de communication. Cela donne des idées.
Néanmoins, il s’agit d’actes isolés et il faudrait donner à l’Etat tous lmes moyens juridiques et matériels pour assurer la sécurité du pays et la quiétude des citoyens.

On remarque que certaines voies, qui condamnaient « l’approche sécuritaire de l’Etat », commencent déjà à parler de sa faiblesse. Comment expliquez-vous cela ?
Ces gens sont, maintenant, devant la réalité toute crue et doivent se déterminer . s’ils continuent de critiquer l’Etat et en lui imputant un penchant sécuritaire, on ne pourra plus avancer. Il va falloir donc se décider et choisir son camp. Sans pour autant piétiner les droits et acquis réalisés. Je crois, également, qu’il faut faire attention au niveau des mosquées et d’une certaine presse.  Les mosquées, qui sont devenus des lieux d’incitation à la haine, doivent redevenir des lieux de culte, de piété et de ressourcement spirituel.

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