ALM : L’un des lieux les plus touchés par les attentats du 16 mai, hôtel Farah, est à quelques pas du siège de votre parti. La marche a débuté en ce même lieu. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Zakaria Semlali : Vous savez que, heureusement, par la bravoure des vigiles de l’hôtel les dégâts ont été limités. Autrement, le siège même du parti et celui de la CTM auraient volé en éclats. On n’ose même pas imaginer le nombre de victimes que ce carnage aurait laissé. La marche de ce dimanche est une marche du peuple marocain qui dit son refus au terrorisme et à la main basse que certains veulent faire sur la démocratie et sur l’échiquier politique.
Vous ne craignez pas l’exploitation politicienne de cette grande manifestation ?
Il faut dire qu’on n’est pas en train de régler des différends politiques et des divergences de points de vue. Les valeurs du libéralisme et de la démocratie ont été menacées par ces attentats. Il s’agit d’un acte résultant d’une situation socio-économique pour le moins alarmante, surtout dans les quartiers marginaux. Mais aussi à la suite de la montée des intégrismes dans le monde. Il faut tirer les conclusions à tous les niveaux.
Restons au niveau des partis, vous ne voyez pas que les partis politiques ont délaissé le champ d’action au profit d’idées et de groupes non démocratiques ?
Vous savez que le champ politique a été dévoyé à cause, entre autres, des campagnes de dénigrement dont, notamment, l’UC a été victime pendant les cinq ans du gouvernement Youssoufi. L’UC qui constitue le porte-étendard des valeurs libérales a été malmenée par voie de presse et ses cadres marginalisés. Cela a conduit à un vide que l’on paie aujourd’hui. Maintenant ce qu’il faut c’est revivifier les partis politiques pour qu’ils assument leur rôle.
Qu’est-ce que vous préconisez pour cela ?
Je dois dire que je ne peux parler que de ce qui me concerne, l’UC. D’autant plus que je suis le fils de l’un des fondateurs du parti, feu Abdellatif Semlali. Et dans ce cadre, je considère qu’il urge pour nous tous, à l’intérieur du parti, de fructifier l’héritage des deux maîtres fondateurs, Feu Maître Maâti Bouabid et feu Maître Semlali. Il urge pour tous les libéraux de travailler afin de barrer la route aux intégristes et aux fanatiques…
Le siège de l’UC est à quelques pas de Farah. Pourtant, on a senti un déphasage entre la gravité de l’événement et la position du parti…
C’est vrai que l’hôtel Farah est à côté de notre siège. C’est vrai aussi que le parti a condamné, comme l’a fait l’ensemble de la classe politique, les attentats barbares qui ont endeuillé le Maroc. Mais on est en droit de s’attendre à plus de la part d’un parti comme l’UC. D’abord parce que les idéaux qu’il a toujours défendus sont la cible des actes criminels en question. A savoir les valeurs de la démocratie et du libéralisme. A savoir aussi les droits des hommes à une vie sans crainte et sans menaces. Tout cela dans le respect des normes qui ont toujours fait la force du Maroc, à savoir la tolérance et l’ouverture sur l’autre. Malheureusement, le parti ne s’est pas vraiment distingué sur ce plan-là.
Nous appelons à ce que le congrès ait lieu le plus tôt possible pour dynamiser les structures du parti et renouveler ses instances. Sinon, les communales sonneront la fin de l’UC.









