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Yassine appelle ses adeptes à maintenir la pression

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Par l’interdiction de la conférence de presse que devait tenir Al Adl Wal Ihssane, jeudi dernier à Rabat, les autorités ont finalement coupé court à cette nouvelle « provocation » de ce mouvement non autorisé. Dans l’après-midi du jeudi 24 mai, les forces de l’ordre ont en effet interdit la conférence de presse que comptait donner le mouvement au club des avocats à Bir Kacem à Rabat. Une conférence qui devait « fêter » le premier anniversaire des portes ouvertes lancées à travers tout le pays par le mouvement, il y a un an, jour pour jour.
La mouvance de Cheikh Yassine comptait présenter, lors de cette conférence de presse, son point de vue sur la réalité politique actuelle du Maroc et exposer le bilan de ce qu’elle qualifie comme «une année de campagne contre ses dirigeants, ses membres et son projet».
Pour les autorités, l’interdiction a été décidée pour une simple raison : un mouvement illégitime ne peut aspirer à bénéficier d’un droit légitime. Toutefois, l’interdiction n’a pas empêché le mouvement de distribuer, sur place, un dossier contenant la déclaration de presse, le dernier communiqué du conseil d’orientation de la Jamaâ, un « rapport » sur la prétendue campagne menée par les autorités depuis une année, ainsi que des extraits des décisions judiciaires par lesquelles le mouvement veut prouver qu’il est un mouvement légitimement constitué.

Selon le dernier bilan arrêté par Al Adl Wal Ihssane quant à la «campagne» menée contre ses militants et ses activités, le nombre des personnes poursuivies en justice à la date du 11 mai 2007 aurait atteint 725, réparties sur la majorité des tribunaux du Maroc en 159 dossiers. Le nombre des peines carcérales aurait pour sa part atteint 108 mois de prison ferme ou avec sursis. La somme des amendes prononcées aurait, par ailleurs, atteint les 5 millions de dirhams, toujours selon le rapport du mouvement. 
Rappelons que toutes ces poursuites sont en relation avec les portes ouvertes de la Jamaâ. La majorité d’entre-elles le sont notamment pour la tenue de réunions illégales et pour appartenance à une organisation non reconnue.
La région de l’Oriental arrive en tête pour le nombre des poursuites et des personnes poursuivies.
Mohamed Abbadi, responsable pour la région de l’Oriental et l’un des favoris à la succession de Abdessalam Yassine , a été poursuivi dans le cadre de six affaires dont des accusations de construction illégale qui lui a valu une forte amende.
Al Adl a fait des procès contre ses militants et responsables de nouvelles occasions pour la mobilisation comme ce fut le cas lors du procès de Rachid Ghoulam, chanteur attitré des Adlistes, poursuivi et condamné à un mois de prison ferme pour incitation à la débauche à El Jadida après que sa femme ait décidé d’abandonner toute poursuite pour adultère.
Pour le premier anniversaire de ses journées portes ouvertes, Al Adl Wal Ihssane avait ainsi officiellement déclaré qu’il n’avait pas l’intention de baisser la pression.
«Nous ne cesserons jamais de le dire et de le redire : cette campagne n’est pas la première et ne sera certainement pas la dernière », affirme le mouvement dans son communiqué. Les Adlistes ont, par ailleurs, été appelés par leur hiérarchie à investir davantage l’espace public au niveau local notamment et de maintenir la pression. Mais c’est sans compter avec l’intransigeance des autorités envers ce mouvement non autorisé.