À quelques heures de sa deuxième rencontre avec le Premier ministre israélien, Mahmoud Abbas s’est voulu optimiste jeudi dans les colonnes du Yedioth Ahronoth. à l’occasion de ce second entretien accordé à un journal israélien cette semaine – après celui du Haaretz mardi -, il a estimé pouvoir conclure une trêve totale avec les Hamas d’ici la semaine prochaine. Une telle avancée constituerait un pas de plus vers le processus de paix dont la démilitarisation de l’Intifada fait partie des priorités. Le Premier ministre palestinien s’y est d’ailleurs engagé dès sa nomination le 19 mars, et lors de la prise de fonction de son gouvernement fin avril. Considéré comme un interlocuteur valable par Israël et les Etats-Unis, Abou Mazen sait aussi que cet arrêt des violences est la seule alternative à la poursuite du dialogue actuel. Il lui donnerait un poids de taille face aux réticences formulées par le cabinet Sharon, et en premier lieu son refus de retirer son armée des territoires. «Le Hamas va s’engager à cesser les actes de terrorisme à la fois en-deçà de la Ligne verte (à l’intérieur d’Israël) et dans les territoires», a donc parié jeudi M. Abbas. Jusqu’à présent, ce mouvement et tous les autres groupes armés palestiniens ont refusé l’idée d’un tel accord, notamment lors des négociations organisées au Caire en début d’année, arguant que les Israéliens devaient d’abord se retirer des territoires, cesser les agressions et libérer les prisonniers palestiniens. «J’espère également parvenir à un accord avec le Tanzim et le Djihad islamique, mais nous n’avons pas encore eu l’occasion de nous rencontrer», a ajouté le Premier ministre, précisant être «engagé dans des discussions sur ce sujet avec les dirigeants de ces organisations qui se trouvent à l’étranger ou en prison». Interrogé par l’AFP, un des dirigeants du Hamas, Abdelaziz al-Rantissi, a réagi avec méfiance à ces propos tout en confirmant qu’un cessez-le-feu était en cours de discussion. «En premier lieu, je veux insister sur le fait que je ne considère pas le Yédiot Aharonot comme une source crédible», a-t-il affirmé. «Le Hamas continue à discuter au plus haut niveau mais nous ne sommes parvenus pour le moment à un accord», a déclaré M. Rantissi. Jeudi après-midi, le Premier ministre palestinien devait rejoindre Jérusalem pour s’entretenir avec Ariel Sharon à quelques jours d’une importante rencontre avec le président américain en Jordanie. Ce sommet tripartite doit suivre une rencontre prévue en Egypte entre des dirigeants du monde arabe et George W. Bush. Les discussions seront évidemment centrées, tout comme le tête-à-tête de jeudi, sur l’application de la feuille de route rendue difficile par les nombreuses réserves émises par le gouvernement Sharon. Mardi, Mahmoud Abbas avait exhorté l’Etat hébreu de «suivre le plan et de ne pas perdre de temps sur les détails». Des détails que l’administration américaine s’est tout de même engagée à «prendre en compte» au risque de détruire ce nouvel espoir de paix que les Palestiniens sont encore les seuls à entretenir.









