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Affaire Hariri: la piste syrienne se précise

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L’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri progresse certes doucement, mais sûrement. Hier, la police libanaise a procédé aux premières arrestations. Quatre haut responsables libanais pro-syriens ont été interpellés, dont l’actuel chef de la Garde présidentielle, le général Moustapha Hamdane. Dans une déclaration télévisée, le Premier ministre Fouad Siniora a affirmé qu’ils seront interrogés en tant que suspects. Ces arrestations ont fait suite à une demande de la Commission d’enquête internationale.
«La justice a répondu à la demande de la Commission d’enquête en ordonnant des arrestations et des perquisitions de responsables soupçonnés d’implication dans l’assassinat le 14 février de Rafic Hariri», a déclaré le ministre libanais de la Justice Charles Rizk. 
«Les forces de la sécurité intérieure ont amené l’ancien directeur général de la Sûreté générale le général Jamil el-Sayed ; l’ancien directeur de la Sécurité intérieure le général Ali el-Hage et l’ancien directeur des Renseignements de l’armée le général Raymond Azar au siège de la Commission pour être interrogés», a ajouté le ministre dans un communiqué publié à la suite d’une réunion entre le magistrat allemand Detlev Mehlis, chef de la commission et le ministre de la Justice.
Ces officiers avaient été contraints de quitter leurs postes à la suite de l’assassinat de Hariri.
Le chef de la Garde républicaine, Moustafa Hamdam a lui aussi été sous un mandat d’arrêt. Il est le seul responsable de la sécurité pro-Damas resté à son poste après les élections législatives qui ont fait apparaître une majorité anti-syrienne. Selon une source sécuritaire citée par l’AFP, le suspect s’est présenté de lui-même au siège de la commission à Monteverdi, une zone au Nord-est de Beyrouth.
Le général Hamdane a été nommé en 1998 à la tête de la Garde présidentielle par le président actuel Emile Lahoud. Il avait été déjà interrogé en tant que suspect par la commission d’enquête et avait refusé de démissionner de son poste après l’interrogatoire. La commission avait aussi interrogé plus de 240 personnes en tant que témoins. Plusieurs autres personnes, dont le nombre n’a pas été précisé, ont été arrêtées également lors de l’opération d’enquête.
Un mandat d’arrêt a été également lancé contre un ancien député et ministre Nasser Qandil. Mais il n’a pas été interpellé. Le ministre libanais de a précisé qu’il n’a pas été possible de le trouver.
« Il s’est avéré qu’il se trouve à Damas et il a été notifié qu’il devait se présenter devant la Commission», a déclaré le ministre de la Justice. Après cette série d’arrestations, la piste syrienne semble se préciser. En effet, tous les hauts responsables libanais interpellés sont des pro-syriens. Le Conseil de sécurité de l’Onu avait, en ce sens, appelé la Syrie à apporter sa pleine coopération à l’enquête après avoir entendu un rapport sur la progression des travaux de la Commission d’enquête.
Le président syrien Bachar al-Assad a compris le message et a affirmé que M.Mehlis pourra entendre chaque Syrien qu’il souhaitera. «Nous avons un intérêt dans cette enquête car nous sommes convaincus que nous serons blanchis des soupçons pesant sur Damas», a-t-il affirmé dans un entretien au magazine allemand «Der Spiegel».
Rafic Hariri a été assassiné le 14 février dans un attentat à l’explosif à Beyrouth, qui avait coûté la vie à au moins 18 autres personnes. Il a été aussitôt imputé par l’opposition anti-syrienne aux régimes libanais et syrien. l’ assassinat de Rafik Hariri a accéléré le retrait des troupes syriennes, qui se trouvaient au Liban depuis 29 ans. En avril dernier, les troupes syriennes ont quitté le pays conformément à la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU.

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