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Affaire «L’Arche de Zoé» : Encore quelques semaines d’instruction

Dans l’immédiat, le juge chargé du dossier devrait statuer rapidement sur les requêtes de mise en liberté des six membres français de l’association et de trois des quatre responsables locaux tchadiens incarcérés à N’Djamena, déposées par leurs avocats. La décision, attendue mardi, n’a finalement pas été notifiée. «Le juge d’instruction en a fini avec les confrontations. On attend désormais la réponse à notre requête de mise en liberté», a indiqué à l’AFP l’avocat des six Français, Me Abdou Lamian. Les dix personnes incarcérées ont été entendues par le juge et une confrontation a eu lieu le 8 novembre. Onze autres Européens – trois journalistes français, sept membres espagnols de l’équipage d’un avion affrété pour amener les enfants en France et un pilote belge ayant convoyé une partie de ces derniers de la zone frontalière tchado-soudanaise à Abéché (est) ont été libérés et ont pu regagner leurs pays.
Autre acte de procédure attendu prochainement, la délivrance par le procureur de la République d’un réquisitoire supplétif pour permettre au juge d’instruction d’élargir son enquête à la compagnie charter espagnole Girjet, qui exploitait le Boeing 757 ayant atterri le 25 octobre à Abéché.
«Je me demande ce que cela apporte à l’enquête de s’intéresser à la compagnie», s’est interrogé Me Jean-Bernard Padaré, avocat de trois des quatre Tchadiens incarcérés et de l’équipage espagnol. D’autant que cet élargissement du champ de l’enquête pourrait prolonger l’instruction.
Il semble en revanche acquis que le juge ne rendra qu’une fois l’instruction terminée sa décision sur la requête en requalification des faits déposée par les avocats des Français. Il ne devrait se prononcer à ce sujet que dans son ultime ordonnance, quand il décidera soit d’un non-lieu total ou partiel, soit d’un renvoi devant le tribunal correctionnel, soit d’une transmission des pièces à la Chambre d’accusation en vue d’un procès criminel.
En attendant, le juge et le procureur devraient se rendre à Abéché, pour entendre les familles souhaitant se porter partie civile. «Il semble qu’il y ait beaucoup de gens qui se manifestent pour se porter partie civile», selon Me Lamian.
Les magistrats devront les entendre et faire le tri pour déterminer ceux fondés ou non à se constituer partie civile, d’autant que l’identification des 103 enfants, hébergés à l’orphelinat d’Abéché, est en cours.

Aymeric Vincenot (AFP)

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