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Algérie : le spectre de la grippe aviaire

© D.R

Un éleveur de volailles de la région d’Oran (430 km à l’ouest d’Alger) est décédé la semaine dernière et quatre membres de sa famille ont été hospitalisés pour des symptômes grippaux, faisant craindre des cas de grippe aviaire, a rapporté mercredi la presse algérienne.
Selon les journaux algériens, trois membres d’une même famille ont été hospitalisés au service infectieux du Centre hospitalier universitaire de cette ville de l’ouest algérien «alors qu’ils présentaient un syndrome grippal accompagné d’une gêne respiratoire et de courbatures».  Ils ont été admis dans ce service après la «mort subite» d’un quatrième membre de cette famille propriétaire d’un élevage domestique de volailles. La presse algérienne ne précise ni quand cette personne est morte ni depuis quand les autres membres de cette famille ont été hospitalisés.
D’après la chargée de communication du CHU d’Oran, «la personne décédée est victime d’une mort subite. Les autres membres de la famille, âgés de 13, 33 et 46 ans, souffrent d’une pneumonie. Ils sont placés en isolement et sous traitement antiviral. Un prélèvement a été dépêché à l’Institut Pasteur pour permettre un isolement viral par des cultures sur oeufs embryonnaires (EOPS)».
«Dans la mesure où les victimes de cette grippe sont propriétaires d’un élevage domestique de volailles, la crainte que ce soit l’épizootie de grippe aviaire est justifiée. Les malades sont placés en isolement et sous traitement antiviral au CHU.
Les autorités sanitaires locales sont sur le qui-vive. C’est l’état d’alerte général. Les premiers constats des vétérinaires qui ont visité l’élevage familier de volailles, écartent la maladie chez ces oiseaux de basse-cour», a-t-elle ajouté. Dans une déclaration au quotidien El Watan, le directeur général du CHU d’Oran, le Pr Attar, a affirmé que «les premiers tests sérologiques sont négatifs». «D’autres analyses virales sont en cours à l’Institut Pasteur pour déterminer si le syndrome grippal dont souffre cette famille peut être d’origine aviaire. Il faudra attendre une semaine pour avoir les résultats du laboratoire où se déroule l’isolement viral, seul test permettant d’écarter toute trace de grippe aviaire», a-t-il ajouté.
Pourtant quelques heures après la publication de ces informations, les autorités sanitaires algériennes se sont empressées d’écarter tout lien avec la grippe aviaire.
Elles ont affirmé que «l’homme décédé à Oran était atteint d’une tuberculose alors que ses proches avaient contracté une grippe ordinaire, suivie de quelques complications». Les services vétérinaires centraux du ministère de l’Agriculture ont affirmé que les analyses effectuées sur les volailles se sont révélées négatives. Par ailleurs, l’Europe est toujours en état d’alerte. Mardi dernier, l’Union européenne a annoncé la prorogation jusqu’à la fin mai de l’embargo sur les importations de volatiles vivants en provenance des pays non-membres de l’Union.
La Commission européenne précise que cette prolongation de l’embargo, comprenant notamment l’importation d’oiseaux domestiques, a été recommandée par des experts en santé animale. Elle a été décidée à la lumière de «la situation actuelle en Turquie et d’autres pays où la maladie (la grippe aviaire) est encore présente», ajoute la Commission dans un communiqué.

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