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Algérie : Violentes échauffourées

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Des dizaines de manifestants menés par desx députés du FLN avaient manifesté dimanche à Alger pour dénoncer le gel du FLN par la justice. Cette dernière avait ordonné la semaine dernière le gel de toutes les activités de ce parti à la suite d’une plainte déposée par des militants du mouvement de redressement du FLN opposés à son actuel secrétaire général, Ali Benflis et proche du président Abdelaziz Bouteflika. Les manifestants avaient été bloqués par des cordons de policiers anti-émeutes à plus de 300 mètres à la ronde autour du siège du Parlement où ils voulaient se rendre. Si le pire a été évité, le risque est grand de voir les choses dégénérer depuis que le FLN a décidé de se défendre en reprenant l’initiative. La répression, entamée tôt le matin, a eu un effet inverse puisque les députés, bloqués devant le siège de l’Assemblée algérienne, ont redoublé d’ardeur et de détermination dans leur mouvement de protestation. Toute la capitale et ses abords étaient bouclés, interdits aussi bien aux automobilistes qu’aux piétons. Un climat de suspicion était perceptible dans ces artères anormalement désertes par cette journée de dimanche. Les manifestants scandaient à tue-tête «Bouteflika barra», «Benflis président». Plusieurs parmi eux ont été embarqués dans des fourgons de police. Dans le mouvement de panique créé par la répression, des députés et d’ex-ministres ont perdu connaissance. Le FLN avait décidé d’organiser une riposte appelée à aller crescendo. Il est en effet prévu que des sit-in soient organisés aux niveaux des 56 mouhafadhas que compte le parti à travers le territoire algérien. La riposte, également politique, a été d’une puissance fulgurante puisque des partis comme le PT, le mouvement El-Islah et même le groupe des indépendants ont estimé que l’ingérence dans les affaires internes d’un parti remettait en cause la démocratie, mais aussi portait atteinte à la stabilité institutionnelle de l’Algérie. Dans un communiqué, Saïd Sadi, patron du RCD a exprimé sa «profonde inquiétude face aux dérives totalitaires et aux violations flagrantes de la loi qui visent à vider la vie démocratique et le pluralisme politique de l’Algérie de toute substance». Le groupe parlementaire du FLN, qui semble avoir mûrement préparé sa spectaculaire riposte, retransmise en direct par les plus grandes chaînes du monde et couverte par des centaines de médias, a donné lecture d’un document ne laissant guère de place au doute quant à la stratégie future que compte adopter ce parti depuis que la justice a décidé d’invalider son 8e congrès. C’est à grande peine que les esprits ont pu se calmer à Alger. Le FLN a également exigé la reprise de la séance plénière de l’Assemblée nationale afin que le vote de la loi organique portant régime électoral puisse avoir lieu. Mais, un report pour hier, lundi, a été ordonné, ce qui a permis au FLN de manifester une nouvelle fois au sein même du Parlement. Ces incidents viennent confirmer que la crise politique au sommet de l’Etat algérien a atteint des proportions jamais égalées qui n’augurent rien de bon. Des députés, qui annoncent des événements qui iront crescendo, se donnent comme délai ce mois de janvier pour avoir gain de cause. A voir la manière virulente avec laquelle ils sont en train de s’organiser cette riposte, les observateurs n’excluent pas une motion de censure à l’endroit du gouvernement, ce qui ouvrirait la voie à d’autres dérapages, puisqu’alors Bouteflika n’aurait pas d’autre choix que de dissoudre l’Assemblée, quitte à reporter la présidentielle et à renouer avec une nouvelle transition que l’Algérie risque de vivre dans la douleur. La crise politique risque donc de connaître de nouveaux et graves rebondissements et même de plonger l’Algérie dans l’inconnu institutionnel. C’est la conséquence directe de la décision de justice d’invalider le 8 ème congrès du FLN. Si cette décision a fait descendre dans la rue des ex-ministres et des députés que reste-t-il au peuple pour exprimer son ras-le-bol, ou la «hogra», terme à la mode à Alger pour exprimer le rejet du mépris affiché par les responsables face aux doléances des citoyens

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