Proche collaborateur du Président Yasser Arafat, Mahmoud Abbas (Abou Mazine), qui s’est parfois distingué par des prises de positions qui ne font pas l’unanimité, vient d’appeler à l’arrêt des attentats-suicide contre les civils israéliens.
Mahmoud Abbas a soutenu, dans un entretien de presse, que les Palestiniens devraient revenir aux «moyens de résistance utilisés lors de la première Intifada (1987-1993), notamment les jets de pierre, les manifestations et autres démonstrations pacifiques». Il a relevé le mécontentement croissant enregistré dans les milieux palestiniens, à travers des sondages qui confirment l’appel à une pause dans l’Intifada pour ne plus donner à Sharon le prétexte pour s’emparer de «l’Etat palestinien embryonnaire». Il a aussi appelé le Jihad islamique palestinien à rejoindre les discussions ouvertes par le Fatah et le Hamas pour l’élaboration d’une stratégie commune Des sondages publiés hier mardi par l’université de Beir Zeit font état de 63% des Palestiniens qui désapprouvent l’orientation imprimée à l’Intifada. En Cisjordanie, ils sont majoritaires (54%) à penser que les attentats anti-israéliens nuisent à la cause palestinienne alors que dans la Bande de Gaza, ils ne sont plus que 39% à partager cette conviction.
Les conclusions de ce sondage sont confirmées par une étude menée par «The Palestinian Center for Policy and Survey», basé à Ramallah, qui conforte les aspirations pacifistes du Peuple palestinien : 76 % des interviewés se prononcent pour l’arrêt mutuel des confrontations entre Israéliens et Palestiniens.
Les autres, ne souhaitent pas abandonner la lutte armée contre l’occupation israélienne par crainte de défaitisme. «C’est vrai que la militarisation de l’Intifada a semé le doute au sein du peuple palestinien et que les attentats-suicide ont eu un impact négatif sur l’opinion internationale, mais revenir aux formes populaires de la résistance pose problème lorsqu’en face, Israël continue ses attaques sanglantes et violentes, ses arrestations, ses agressions, ses assassinats et ses destructions qui ne font qu’accroître la colère des Palestiniens», affirment les tenants de la ligne dure.
Dans l’étude du PSR, les partisans de l’Intifada rejettent majoritairement les attentats qui ciblent les civils israéliens. Ils sont par contre 90% à soutenir les attaques contre les soldats et les colons dans les territoires palestiniens occupés. Ils sont aussi 66% à penser que le recours aux armes par l’Intifada a contribué à faire avancer la cause palestinienne quand les négociations et les initiatives diplomatiques ne donnaient rien : «L’Intifada a fait réagir la communauté internationale et poussé la société israélienne à demander le démantèlement des colonies et la fin de l’occupation », soutient Ahmed Abderrahman, Conseiller du Président de l’Autorité palestinienne.
De son côté, le Président Yasser Arafat a accusé le gouvernement israélien d’expulser les habitants palestiniens d’Hébron pour judaïser la ville en y implantant de nouvelles colonies «Ce qui se passe à Hébron est une opération de judaïsation qui a formellement commencé avec l’expulsion d’habitants arabes de la ville et l’implantation de colons à leur place», a dit M.Arafat à l’issue d’une rencontre à Ramallah avec une délégation norvégienne.
Il a souligné que l’Armée israélienne recourait à la démolition d’habitations appartenant à des Palestiniens pour relier la zone à la colonie Kariyat Arba, et leur interdisait l’accès au Caveau des Patriarches, lieu vénéré par l’Islam et le judaïsme.
Sur le terrain de la répression, l’armée israélienne a fait quatre nouveaux morts, dont un enfant de 15 ans, et plusieurs dizaines de blessés en quatre points de Cisjordanie et de la Bande de Gaza.
Enfin, les responsables du programme alimentaire mondiale (PAM) ont dénoncé lundi la destruction délibérée par la soldatesque israélienne de plusieurs centaines de tonnes de vivres dans un de ses entrepôts de la Bande de Gaza et exigé un dédommagement.
«Cette action a été menée en contravention avec tous les principes humanitaires», a dénoncé le directeur du PAM pour la région du Moyen-Orient qui a demandé au gouvernement israélien «d’ouvrir une enquête sur cette violation et de prendre ses responsabilités pour les pertes subies par l’Agence». Les dégâts sont évalués à 537 tonnes de vivres, pour une valeur de 271.000 dollars.








