La «guerre civile», «le début de la fin pour Brown», «la guerre ouverte»: les journaux dominicaux n’ont pas lésiné dimanche sur les manchettes à sensation. Il est vrai que cette fronde-là a beau ne pas être la première, elle prend cette fois-ci une résonance particulière, se propageant jusqu’aux marges du gouvernement. La dissidence a commencé avec la révélation, vendredi, d’une lettre de Siobhain McDonagh, la personne chargée de faire respecter la discipline de vote parmi les travaillistes. «Nous devrions avoir un véritable débat sur la direction du parti et du gouvernement», a déclaré Mme McDonagh, quelques heures avant que le gouvernement annonce son remplacement. Mme McDonagh n’est qu’un membre de second rang du gouvernement Brown mais les noms des travaillistes relayant son appel ne cessent depuis de faire les annonces des médias. «La population a cessé de l’écouter», a lancé Barry Gardiner, ancien sous-secrétaire d’Etat. « Il a un problème de clarté », a renchéri sa collègue Fiona Mactaggart. «Je doute qu’il puisse regagner la confiance de la population», a ajouté George Howarth, également ex-sous-secrétaire d’Etat. Le dernier sondage en date, publié dimanche dans le Sunday Times, place le Labour à 19 points derrière l’opposition conservatrice, à 27% contre 46%. 73% des 2.161 personnes interrogées par l’institut YouGov (du 10 au 12 septembre) ont de plus une opinion défavorable de Brown. Début mai, le Labour avait déjà enregistré lors des élections locales sa pire défaite en 40 ans. Il a depuis perdu trois législatives partielles, parfois dans des fiefs réputés les plus sûrs. Quinze mois après avoir succédé, sans élection, à Tony Blair, Gordon Brown est pour de plus en plus de travaillistes synonyme de catastrophe prévisible pour les prochaines législatives qui doivent être convoquées d’ici mai 2010. Beaucoup doutent que la dynamique sera suffisante pour renverser Brown. «La dernière mutinerie en date ne sera pas fatale à Brown qui sait qu’un challenger sérieux ne va pas sortir du lot », estime le Sunday Telegraph. Le ministre des Affaires étrangères, David Miliband, rare poids-lourd travailliste à être cité comme successeur putatif à Brown, a ainsi renouvelé dimanche son soutien au Premier ministre, rejetant l’idée d’un vote sur son maintien à la tête du Labour lors du prochain congrès à Manchester. «Gordon Brown peut remporter les prochaines élections», a-t-il assuré sur la BBC.
• Loïc Vennin (AFP)









