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Des élections sur fond d’appels au boycott

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Les élections législatives du 17 mai n’intéressent pas les Algériens. A dix jours de ce rendez-vous électoral, tout le monde craint une forte abstention de la population le jour J. Plus de 18 millions d’électeurs sont appelés à renouveler les 389 sièges de l’Assemblée nationale populaire selon un scrutin de liste à la proportionnelle départementale. Mais l’enthousiasme populaire n’y est pas. Et pour preuve, les nombreuses réunions électorales organisées à travers le pays, drainent très peu de monde, selon des témoins interrogés par l’AFP. Les 24 panneaux d’affichage, un par parti politique en lice, alignés dans divers quartiers des grandes villes, laissent manifestement les passants indifférents. Cette indifférence aurait été motivée davantage par la campagne de boycott lancée par les partis de l’opposition démocratique dont le Front des forces socialistes (FFS) de Hussein Aït Ahmed et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Selon les observateurs, le mouvement citoyen incarné par les comités de villes et de villages de Kabylie est en partie responsable de la déception et de l’indifférence de l’électorat.  Mais le principal responsable de  la désaffection affichée chez les électeurs est sans doute le climat néfaste qui s’est installé dans le pays. Un climat tendu à cause  notamment de la crise sociale qui frappe de plein fouet l’Algérie.  Emeutes sociales dans plusieurs villes, crise du logement, coupures d’eau fréquentes, mauvaise gouvernance au niveau des régions et montée du terrorisme. Tels sont les quelques problèmes à l’origine du ras-le bol de la population. 
Lors d’un point de presse la semaine dernière en Algérie, le ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni a déclaré qu’il s’attendait à un taux de participation qui se situe entre 55 et 63%. Suite à cette déclaration, les partisans du boycott reviennent à la charge et avancent un taux de participation qui ne dépasse pas 40%. Selon des propos recueillis auprès de la population par l’AFP, la campagne d’affichage ainsi que les messages diffusés sur la radio n’accrochent pas les futurs électeurs. «J’ai écouté quelques candidats à la radio, ils sont nuls. On ne comprend rien à leur discours, c’est le degré zéro de la communication», s’indigne Halima, responsable des ressources humaines dans une entreprise publique. Cette citoyenne s’indigne davantage lorsqu’elle fait la comparaison avec la France. «Lorsque je pense qu’Alger a vécu comme sous un couvre-feu pour le débat Ségolène Royal-Sarkozy, je me dis que nous avons encore beaucoup à faire dans ce domaine en Algérie». Entre-temps, malgré cette indifférence affichée, les partis continuent leur campagne électorale espérant gagner des voix.

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