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Dix-sept perquisitions dans les milieux islamistes à Bruxelles

Ces perquisitions, entamées à 05H00 du matin (04H00 GMT) par une centaine d’enquêteurs, visaient notamment le siège du Centre islamique belge (CIB), une association connue pour ses liens avec les milieux radicaux basée dans la commune à forte population immigrée de Molenbeek, selon un communiqué.

Elles se sont déroulées "sans incident" et ont débouché sur l’interpellation de deux personnes en séjour illégal dans les locaux du CIB, a poursuivi la même source. Des documents et des ordinateurs ont par ailleurs été saisis.

Les dirigeants du Centre islamique sont depuis plusieurs années sous le coup d’une instruction pour "association de malfaiteurs", "menaces écrites" et "provocation à commettre des crimes et des infractions" à la loi réprimant le racisme et la xénophobie.

L’enquête vise des "faits de diffusion de propagande de type islamiste radicale très virulente sur des sites internet, voire des faits de menace", ajoute le parquet fédéral.

"Des propos encourageant à la haine raciale et à la guerre sainte" étaient diffusés sur le site internet du centre, a écrit l’agence de presse Belga.

Selon une source judiciaire belge, des propos menaçants avaient également été proférés sur ce site à l’encontre du ministre français de l’Interieur, Nicolas Sarkozy, au moment de la polémique en France sur le voile islamique.

Le Centre islamique belge avait par ailleurs été fréquenté par le Tunisien Abdessatar Dahmane, l’un des deux faux journalistes ayant assassiné en septembre 2001 en Afghanistan le chef de la résistance antitaliban, le commandant Ahmad Shah Massoud.

Les médias belges expliquent que c’est au CIB qu’a été célébré le mariage de Dahmane et de Malika, une Belge née au Maroc qui ne s’est jamais désolidarisée du geste de son mari. Ce mariage aurait été célébré par l’imam du centre avant la célébration civile, ce qui est illégal en Belgique.

Le parquet fédéral a indiqué jeudi que le juge d’instruction Daniel Fransen enquêtait sur un certain nombre de mariages célébrés illégalement au centre islamique, ainsi que pour sur des faits de traite des êtres humains et d’escroquerie.

"Il s’agit de la première concrétisation judiciaire du plan d’action gouvernemental contre le radicalisme de mars 2005", a expliqué à la presse la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, en soulignant qu’il ne "s’agissait pas d’une opération antiterroriste".

"Le radicalisme sous toutes ses formes constitue le principal adversaire idéologique de tout Etat de droit. En s’attaquant au radicalisme, nous ne voulons pas stigmatiser une communauté ou une religion en particulier, mais bien lutter contre ceux ou celles qui rejettent nos valeurs démocratiques", a ajouté la ministre.