L’Allemagne, dont le rôle de médiateur entre Israël et le Hezbollah a commencé en 1996, a été la cheville ouvrière de l’opération actuelle, « la plus complexe » de toutes, comme l’a qualifiée dimanche la télévision satellitaire de la formation intégriste chiite, Al-Manar. En 1996, Israël avait libéré 45 Libanais du centre de détention de Khiam, au Liban sud alors occupé par Israël, géré par sa milice supplétive locale, l’Armée du Liban sud (ALS), et remis les dépouilles de 132 Libanais contre celles de deux de ses soldats. L’opération avait permis l’élargissement de 17 miliciens de l’ALS capturés par le Hezbollah. En 1999, Israël a relâché 13 prisonniers libanais, dont cinq détenus en Israël, qui ont été transférés au Liban via l’Allemagne. Dans le cadre de l’opération actuelle, Israël avait remis le 28 août 2003 les dépouilles de deux combattants du Hezbollah pour, selon la formation intégriste, « réactiver la médiation allemande ». Israël et le Hezbollah avaient procédé à un échange en 1998 grâce à une médiation de la France et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Israël avait alors relâché 60 prisonniers libanais et remis les dépouilles de 40 combattants, dont celle de Hadi Nasrallah, le fils du secrétaire général du Hezbollah, contre la remise par la formation intégriste de lambeaux de corps d’au moins 12 militaires israéliens tués lors d’une opération héliportée au Liban sud en 1997. Le premier échange entre les deux parties avait eu lieu en 1991 par l’intermédiaire de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). • AFP Israël avait alors libéré en deux étapes 67 Libanais et remis les dépouilles de neuf combattants contre le corps d’un militaire israélien. Samir Kantar, doyen des prisonniers libanais, détenu depuis 24 ans, est exclu du dernier échange, mais devrait être relâché dans les prochains mois après qu’Israël eut obtenu des informations sur le sort de Ron Arad, un aviateur israélien capturé au Liban en 1986. En vertu de l’accord, Israël doit libérer 400 Palestiniens, 23 Libanais, cinq Syriens, trois Marocains, trois Soudanais, un Libyen et un Allemand, et restituer les corps de 59 combattants anti-israéliens. Le Hezbollah doit livrer quatre Israéliens: l’homme d’affaires Elhanan Tanenbaum et trois soldats qu’il a capturés en octobre 2000, présumés morts par Israël et dont la formation intégriste refuse de dévoiler le sort.








