Selon la police, Juan Priede a été abattu à bout portant par deux agresseurs peu après 12h00 locales jeudi, alors qu’il se trouvait à quelques mètres de son domicile. Agé de 69 ans, veuf et père de plusieurs enfants, il s’est rendu ce jour-là, sans ses deux gardes du corps, dans un bar du quartier. « Il figurait sur la liste noire de l’ETA », a affirmé Rosa Diez, députée socialiste au Parlement européen. « Ceux qui l’ont tué doivent savoir qu’il vont devoir payer pour cela », a-t-elle ajouté.
Dernier attentat d’une série d’attaques menées contre des élus du Pays basque, ce meurtre intervient par ailleurs la veille du Congrès du parti socialiste qui doit se réunir ce week-end pour désigner un nouveau représentant régional. Le 28 février, un autre responsable socialiste et son garde du corps avaient été blessés dans une explosion à Portugalete. «ETA essaie d’interférer dans l’agenda politique, pas seulement celui des socialistes, mais celui de la région basque en général », a déclaré Patxi Lopez, l’un des prétendants à la direction régionale du Parti, après l’assassinat de jeudi. Juan Jose Ibarretxe, président du gouvernement basque, a quant à lui condamné cette nouvelle « barbarie de l’ETA ».
Les séparatistes d’ETA (« Euzkadi Ta Askatasuna », Patrie et Liberté) ont tué 39 personnes depuis janvier 2000, date à laquelle ils avaient mis un terme à une trêve d’un an et demi.
D’abord axés sur le Parti populaire (PP) de Jose Maria Aznar, leurs attentats visent de plus en plus le PP, Parti socialiste, qui a adopté une ligne dure vis-à-vis d’ETA et de ses sympathisants.
Quelques heures avant l’assassinat de M. Piede, la police espagnole avait procédé à un coup de filet à Bilbao, ajoutant six membres présumés de l’organisation séparatiste aux nombreux suspects arrêtés depuis ces derniers mois.