«Alerte à la faim en Afrique» est le thème de la campagne lancée lundi par le PAM qui n’a pas cessé ces derniers mois de rapporter la situation particulièrement inquiétante dans plusieurs régions du continent.
Le Programme onusien parle même aujourd’hui d’une crise «sans précédent» qui touche pas moins de 38 millions de personnes, notamment dans toute la zone australe, au Malawi, au Mozambique, au Zimbabwe, en Zambie, au Lesotho et au Swaziland. Et alors que la situation ne cesse d’empirer, James Morris, directeur exécutif du PAM, s’est plaint lundi dans les colonnes du journal français Le Monde, de la diminution des crédits, notamment pour les «programmes de développement agricole». «Certes, a-t-il estimé, les pays donateurs sont très sollicités par un trop grand nombre de crises humanitaires dans le monde. Mais on ne peut pas continuer ainsi : répondre à une crise après l’autre. La communauté internationale doit trouver de véritables solutions». Parmi ces réponses, figure notamment «l’alimentation scolaire» pour les enfants, un système de cantine qui permet de nourrir les enfants tout en accroissant leur fréquentation scolaire. Autre réponse, celle d’une lutte plus efficace contre le sida.
Cette maladie, selon un rapport onusien publié début décembre, alimente d’autres crises dont la pénurie alimentaire. Selon l’étude, depuis 1985, plus de 7 millions d’agriculteurs sont morts du SIDA dans les 25 pays les plus atteints d’Afrique. Si ce rythme se maintient, dans 10 ans, la pandémie causera la perte 25% de la main d’oeuvre agricole! Et avec moins de bras, les pays éprouvent forcément davantage de difficultés pour palier la famine, surtout quand, comme c’est le cas en Afrique australe, la sécheresse s’en mêle.
Pour l’heure, la solution la plus urgente reste cependant l’aide concrète, comme par exemple celle réclamée depuis des semaines par l’Ethiopie : 1,5 million de tonnes de vivres afin de nourrir l’année prochaine plus de 11 millions de personnes menacées de famine, de maladie. Et de mort.








