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France : La grande prudence de Sarkozy sur l’égypte

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S’il y a un trait de comportement de Nicolas Sarkozy sur l’égypte qui a été lourdement souligné pour tous les observateurs, c’est bien la grande prudence de sa démarche. Après avoir trébuché sur la Tunisie, voilà que la diplomatie française donne cette vague impression d’être tétanisée par la révolte de la rue égyptienne contre Hosni Moubarak. Un silence d’autant plus remarqué que les principales déclarations qui proviennent du Quai d’Orsay se contentent de prodiguer les conseils de prudence traditionnelle aux citoyens français face à une situation sécuritaire en ébullition. Il n’y a pas eu de harangue de la part de Nicolas Sarkozy et de la diplomatie française à la foule égyptienne de poursuivre sa révolte contre ce que l’opposition à Hosni Moubarak appelle une dictature fossilisée. Il n’y a pas eu d’invitation au Raïs égyptien de desserrer sa poigne, voire de quitter le pouvoir. Tout seul, le président français est resté silencieux, réservé ; comme s’il craignait un faux pas qui sera plus difficile à rattraper que celui qu’il avait commis sur la révolte tunisienne. Après une grande prudence, le président français avait fini par réagir aux événements égyptiens. Il l’avait fait en compagnie de la chancelière allemande Angela Merkel et du Premier ministre britannique David Cameron à travers une déclaration commune : «Nous appelons le président Moubarak à éviter à tout prix l’usage de la violence contre des civils sans armes et les manifestants à exercer leur droit pacifiquement». Et pourtant, Nicolas Sarkozy était aussi bien soumis au tempo imposé par la diplomatie américaine dans cette région avec les demandes très concrètes formulées par Hillary Clinton qu’à la pression de sa propre opposition domestique. Entre un Parti socialiste qui «soutient les revendications légitimes du peuple égyptien et se sent solidaire avec les forces démocratiques, laïques et progressistes en égypte» et un Parti communiste qui dénonce «le silence complaisant et scandaleux» de Nicolas Sarkozy sur l’égypte, il s’est trouvé des voix comme celle du président de «Debout La République», Nicolas Dupont Aignan, pour souligner que le «rôle de la France (est) de soutenir les peuples qui se révoltent pour leur liberté, partout dans le monde». Le silence, la prudence et la réserve de Nicolas Sarkozy s’expliquent sans aucun doute par le fait que la personne de Hosni Moubarak qui incarnait une forme de modération et de stabilité dans la région était une pièce maîtresse dans la vision française des rapports de force dans cette région. Si crucial, pour Nicolas Sarkozy qu’il en a été fait le co-président de son grand chantier diplomatique du quinquennat, l’Union pour la Méditerranée. Un scénario à la tunisienne qui provoquerait une vacance relative du pouvoir et une insécurité pérenne pourrait s’avérer déstabilisante non seulement pour un grand pays aussi peuplé que l’égypte mais pour l’ensemble de la région dont le destin d’ensemble était configuré par les choix politique et diplomatique de Hosni Moubarak. Nicolas Sarkozy semble partager avec les Américains cette crainte de voir le vide politique, que les démonstrations de rue et un départ précipité de Hosni Moubarak peuvent imposer, puisse ouvrir un grand boulevard à une instabilité chronique et incontrôlable qui ferait le lit de tous les extrémismes.

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