Comme chaque année, la deuxième quinzaine du mois d’août sonne l’heure de la rentrée pour les partis politiques français qui organisent leurs «universités d’été» respectives. L’occasion pour les gagnants et les perdants des élections du printemps dernier de faire leurs comptes et de se pencher sur leur avenir.
Questions qui se sont avérées cruciales pour toute la gauche moins de trois mois après son échec cuisant. Ainsi l’ex-ministre de l’économie Laurent Fabius s’interrogeait-il mercredi dans les colonnes du Monde sur la nécessité de «rénover le logiciel social-démocrate». Selon lui, la gauche a souffert de «trop limiter le champ du politique à l’économique et au social» et «l’écologique et le culturel doivent se situer au coeur» de son projet. M. Fabius distingue trois motifs de la défaite «collective» de Lionel Jospin. Tout d’abord le «sentiment chez beaucoup de Français «que les modalités de certaines (…) réformes» entreprises par le gouvernement Jospin «n’étaient pas totalement durables ni assez efficaces individuellement». Ensuite, le sentiment que «l’insécurité, la précarité, n’étaient pas combattues avec assez d’autorité par l’Etat». Il regrette enfin la «perte générale des repères face aux aspects inquiétants de la mondialisation» et aux attentats du 11 septembre. Selon lui, le projet socialiste de «réponse» à ces menaces «par l’Europe n’était pas assez mobilisateur». Pour Laurent Fabius comme la plupart des leaders du PS, la nécessité est donc la remise en cause des fondements de la gauche, trop «social-libérale» jusqu’alors, notamment en insistant sur la «solidarité». Esprit que le Jean Glavany voudrait voir s’apliquer à toute la famille, prônant l’«unité», le «grand rassemblement». «Si la gauche a perdu en avril, c’est d’abord parce qu’elle était trop divisée», a affirmé l’ex-ministre de l’agriculture dans les colonnes de Libération jeudi. Et d’ajouter que «si les trente dernières années ont été celles de l’union de la gauche, ma conviction est que la période qui s’ouvre doit donc être celle de l’unité de la gauche». Du côté des écologistes, Dominique Voynet a confirmé son intention de «prendre un peu de champ». La secrétaire nationale des Verts a aussi souhaité que son parti évolue afin de «s’adresser à ceux qui le rejettent, les agriculteurs, les chasseurs, les transporteurs routiers». Le mot d’ordre serait donc l’élargissement.
La droite quant à elle, rassemblée sous l’Union pour la majorité présidentielle, s’est cette semaine retrouvée face à des cas de conscience beaucoup plus concrets. Car, si la gauche ou même l’extrême droite toujours animée par Jean-Marie Le Pen, ont en tête les élections européennes de 2004, le gouvernement Raffarin doit au contraire s’acquitter de ses promesses électorales. Il a d’ailleurs repris jeudi le chemin du Conseil des ministres en affectant une grande «sérénité» face aux difficultés de la rentrée : décentralisation, baisse des impôts, allègement des charges, assouplissement des 35 heures. Si le dialogue social entamé en début de semaine s’annonce déjà animé, la croissance notamment devant être revue à la baisse, le gouvernement bute aussi depuis plusieurs jours sur la question de l’immigration. Depuis le 17 août et l’occupation par des sans-papiers de la basilique Saint-Denis (banlieue parisienne), quelque 1.150 demandes de régularisation ont été déposées auprès du préfet de Seine-Saint-Denis. Tous ces dossiers seront examinés au cas par cas selon des critères établis mardi dernier par le ministère de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy.








