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Gamal Moubarak menace de donner un coup d’arrêt aux frères musulmans


"La question de savoir comment nous devons traiter, sur les plans politique et légal, les tentatives de contourner le consensus national sur l’interdiction des partis à base religieuse est posée", a dit Gamal Moubarak dans la quatrième partie d’un entretien-fleuve publié mercredi par le quotidien gouvernemental Rose al-Youssef.

Le fils cadet du chef de l’Etat égyptien qui, depuis 2002 a pris les rênes du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir), a estimé que les activités politiques des Frères musulmans et leur participation aux récentes élections législatives de novembre-décembre sont contraires à la loi en vigueur en Egypte interdisant la création de partis religieux.

Le régime égyptien se base sur cette législation pour refuser d’autoriser les Frères musulmans à se constituer en parti légal.

"La Confrérie (des Frères musulmans) n’a pas de statut légal et au cours des dernières législatives il y a eu une tentative (de sa part) pour contourner la loi et s’introduire sur la scène politique", a poursuivi Gamal Moubarak.

Gamal Moubarak, 42 ans, a notamment déploré "l’exploitaion (par la confrérie) de la religion et des slogans religieux pour réaliser des gains politiques" estimant que ce phénomène "s’est répercuté d’une manière négative sur le processus politique et électoral".

"Les partis politiques et la société civile sont appelés à trouver une réponse à la question de savoir comment traiter" avec les Frères musulmans pour les empêcher de contourner la loi, a dit Gamal Moubarak, généralement présenté comme le successeur présumé de son père même s’il nie sa volonté d’accéder à la présidence.

Il a averti que si ce phénomène n’était pas traité "d’une manière claire et légale, il continuera à entraver le processus politique".

La percée historique des Frères musulmans qui, avec 88 députés, ont remporté le cinquième des sièges du Parlement, a été considérée comme un revers pour le Parti National Démocrate (PND au pouvoir) dont Gamal avait pris les rênes depuis trois ans, se présentant comme l’homme de la réforme.

Le président Moubarak s’était engagé le 19 décembre (BIEN décembre), dans sa première allocution devant le nouveau parlement, à poursuivre les réformes politique en Egypte.

Il a affirmé que son gouvernement envisageait de soumettre à l’Assemblée du peuple dans les prochains mois plusieurs projets d’amendement législatif et constitutionnel allant dans ce sens sans en révéler la teneur.

Interdits mais jusqu’ici tolérés, les Frères Musulmans sont désormais la plus grande force d’opposition.

Le Parti national démocrate (PND) du président Moubarak n’a conservé sa domination au Parlement que grâce au ralliement de quelque 170 députés indépendants, obtenant 311 des 444 députés élus.

Selon des analystes égyptiens, les Frères musulmans constituent désormais la principale entrave aux ambitions politiques de Gamal Moubarak.

"La grande question qui se pose après les élections législatives c’est qui pourra arrêter la montée des Frères musulmans?", affirme le politologue Mohamed Sayyed Said.

"Si la dégradation au sein du PND se poursuit et s’il continue à recourir uniquement à l’appareil de l’Etat pour préserver le pouvoir, il ne pourra pas à terme faire face à la poussée des Frères musulmans", affirme-t-il.