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Gaza : le retrait s’annonce difficile

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C’est aujourd’hui que devra débuter le retrait israélien de la bande de Gaza. Pour prévenir tout accrochage entre les deux communautés, les Israéliens ainsi que les Palestiniens ont pris des mesures de sécurité très rigoureuses. Les forces de sécurité des deux camps avaient reçu l’ordre de prendre position pour assurer le bon déroulement de l’évacuation des colonies juives de la bande de Gaza.
Du côté israélien, la police a été placée en état d’alerte maximale. Selon son chef, Moshe Karadi, des barrages étaient érigés dans le sud d’Israël pour empêcher les opposants au retrait de rallier les colonies de Gaza.
Les forces de sécurité palestiniennes étaient elles aussi placées en "état d’alerte total", sous la demande du ministre de l’Intérieur palestinien, Nasser Youssef. Ainsi, des unités spéciales se sont mobilisées dans les secteurs palestiniens proches des enclaves. Ceci afin de pouvoir contrer toute tentative par des activistes de perturber le processus de désengagement.
Dimanche, plus de 2.000 musulmans, selon des responsables religieux palestiniens, étaient rassemblés sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem pour repousser toute éventuelle tentative d’extrémistes juifs d’y pénétrer. La police israélienne était pour sa part sur le qui-vive dans la ville sainte. Les fidèles musulmans, des Palestiniens mais aussi des Arabes israéliens, ont convergé vers l’esplanade dans la vieille ville de Jérusalem, à l’appel des dignitaires religieux qui craignent des provocations d’extrémistes juifs. Selon la police, des extrémistes ultra-nationalistes juifs projetaient de pénétrer sur l’esplanade dimanche à l’occasion de la commémoration du 9 du mois d’Av dans le calendrier juif.
Pour sa part, la police a, en même temps, imposé des restrictions draconiennes à l’accès de musulmans dans la vieille ville pour prévenir d’éventuels affrontements avec des Juifs se rendant au Mur des Lamentations.
Selon l’AFP, des milliers de policiers se sont déployés aux entrées de la vieille ville et autour de l’esplanade. Des barrages volants ont été installés dans divers endroits à Jérusalem-est occupé et contrôlaient les voitures se rendant vers la vieille ville, rapporte l’agence.
Des policiers et des gardes frontières postés aux portes historiques de la vieille ville en interdisaient l’accès aux hommes palestiniens âgés de moins de 45 ans, à l’exception des propriétaires des commerces et ceux qui justifient d’une adresse à l’intérieur.
Le directeur de la mosquée Al-Aqsa sur l’esplanade, cheikh Mohamad Hussein, a dénoncé ces restrictions. « Les mesures israéliennes ont transformé Jérusalem en un camp militaire et empêché les musulmans d’atteindre Al-Aqsa», a-t-il déclaré à l’AFP.
«Les autorités israéliennes imposent des restrictions aux musulmans tout en autorisant les colons et les extrémistes juifs à se promener dans la vieille ville », a-t-il dénoncé.
Pendant ce temps, le Hamas a prévenu qu’il ne renoncerait pas à la lutte armée contre Israël après le retrait de la bande de Gaza.
«Le Hamas affirme son attachement à la résistance en tant que choix stratégique jusqu’à la fin de l’occupation de notre terre et de nos lieux saints », a déclaré samedi Ismail Haniyah, l’un des plus hauts dirigeants du mouvement de la résistance islamique.
« Partout où il y a occupation, il y a résistance. Gaza ne sera pas le premier et le dernier (retrait israélien) », a-t-il ajouté au cours d’une conférence de presse.
Ce rappel du Hamas survient au lendemain de la fête organisée par l’Autorité palestinienne sur les plages de Gaza pour célébrer la mise en oeuvre du démantèlement par Israël des implantations juives de ce territoire bordé par la Méditerranée.
Au cours de ces festivités, le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé que le retrait israélien de Gaza n’était qu’une étape vers la création d’un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale.
Israël devra délivrer lundi des avis d’expulsion aux habitants des 21 colonies de la bande de Gaza et de quatre des implantations de Cisjordanie aux termes du plan de retrait. Les 9.000 colons invités à partir auront 48 heures pour quitter les colonies. Après cette date, des unités de militaires israéliens non armés procéderont dès mercredi à l’évacuation des récalcitrants.