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Irak : Des frappes sans l’aval du Congrès

Le président Assad est à Ryad pour un sommet sur la tension qui prévaut dans la région. L’Iran a affirmé qu’il ne resterait pas neutre en cas d’une éventuelle frappe américaine contre l’Ir ak, «Nos intérêts nationaux ne permettent pas de rester neutre face à une éventuelle attaque des Etats-Unis contre l’Irak», a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, ajoutant toutefois que son pays «ne serait pas non plus du côté de l’Irak».
Le responsable iranien a averti qu’une éventuelle attaque américaine «menacerait les intérêts nationaux de l’Iran et la paix mondiale». «Il n’est pas réaliste d’interpréter la position de l’Iran concernant la crise irakienne actuelle comme étant de la neutralité. Cela va à l’encontre de la position claire et officielle du pays à ce sujet»,a-t-il précisé. Le résponsable iranien a appelé par ailleurs Bagdad à appliquer les résolutions de l’ONU et à permettre le retour des inspécteurs en désarmement. L’Iran s’est prononcé à plusieurs reprises contre une éventuelle opération militaire américaine destinée à renverser le régime irakien. Il faut néanmoins relever que Téhéran a autorisé un mouvement chiite irakien d’opposition, basé en Iran à participer le 11 août dernier à Washington à des discussions entre les Etats-Unis et l’opposition à Saddam Hussein.
Côté américain, les conseillers juridiques du président George Bush ont développé trois raisons pouvant permettre de lancer une attaque militaire contre l’Irak sans avoir l’aval du Congrès. Ils avancent en premier lieu la Constitution américaine qui fait du président des Etats-Unis le commandant en chef des forces armées. Ils font valoir aussi une résolution adoptée par le congrès en 1991 qui autorise le président George Bush, le père de l’actuel président, à utiliser la force lors de la guerre du Golfe. Enfin, la résolution adoptée le 14 septembre 2001 donne au gouvernement américain la possibilité d’utiliser la manière forte contre les organisations terroristes. «Toute décision que le président pourrait prendre contre un hypothétique vote du congrès sera guidée par plus d’un de ces facteurs, a affirmé le porte-parole de la Maison Blanche, précisant que le président «prendra en considération un large éventail d’aspects légaux, politiques et historiques si cela devient une situation pertinente». Rappelons qu’en janvier dernier, le président George Bush avait estimé que l’Irak faisait partie, avec l’Iran et la Corée du Nord de ce qu’il avait appelél’axe du mal, les désignant implicitement comme des cibles potentielles de sa «guerre antiterroriste».
Sur un autre plan, le président syrien BacharAl-Assad était attendu hier en Arabie Saoudite pour une visite qui sera consacrée essentiellement à l’Irak, rapporte la presse. «Les menaces de frappes américaines contre l’Irak» seront les principaux points que le président Assad examinera avec le prince héritier saoudien Abdellah Ben Abdelaziz, rapporte le quotidien Ashrq Al-Awsat. Le ministre syrien des Affaires étrangères avait effectué mercredi dernier une visite en Arabie Saoudite au cours de laquelle il avait exprimé le rejet de son pays de l’attitude des Etats-Unis. De son côté, l’Arabie saoudite, qui s’est déclarée opposée à une attaque américaine contre l’Irak, a fait savoir qu’elle ne participera pas à une telle action.

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