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Irak : La guerre de Najaf fait rage

© D.R

L’Imam radical chiite Moqtada Sadr et ses adeptes sont les cibles principales de l’offensive qui a commencé jeudi à Najaf. Des milliers de soldats américains participent à cette offensive qui a commencé avec le bouclage du tombeau de l’imam Ali.
Cette offensive pourrait entraîner l’insurrection de l’ensemble de la majorité chiite en Irak -y compris ceux qui sont opposés au soulèvement de Moqtada al-Sadr- si jamais elle visait le tombeau de l’imam Ali. Contenir ou limiter la colère de la majorité chiite est de la responsabilité des forces irakiens qui prennent en charge ce sanctuaire. Déjà à Téhéran, le guide suprême de la révolution iranienne, l’ayatollah Ali Khamenay, s’est élevé contre les attaques américaines contre ce haut lieu du chiisme, affirmant qu’elles attisent la haine des musulmans à l’égard des USA, et particulièrement les chiites du monde entier.
Selon le ministère irakien de l’Intérieur, ce sont les forces irakiennes – police et garde nationale – qui se chargeront, le cas échéant, de pénétrer dans les lieux saints chiites pour désarmer les miliciens de l’armée de Mehdi. L’essentiel des combats s’est déroulé la journée du jeudi dans le grand cimetière de la ville et dans la vieille ville de Najaf. Le cimetière, qui compte plusieurs centaines de milliers de tombes, s’étend sur près de huit kilomètres carrés dans le centre de Najaf. Il jouxte, justement, le mausolée d’Ali, où de nombreux insurgés se sont retranchés. Rappelons que des combats entre soldats américains et miliciens chiites ont éclaté le 5 août. L’aviation américaine et l’armée de terre ont lourdement pilonné le cimetière, faisant plusieurs centaines de morts dans les rangs des partisans d’Al-Sadr, qui contestent ce bilan. Cinq soldats américains et 20 officiers irakiens combattant à leurs côtés ont également été tués.
En termes de puissance de combat, les forces américaines ont doublé leurs capacités. Ils ont commencé à faire pression sur les miliciens pour qu’ils combattent et meurent ou qu’ils capitulent. De leur côté, les miliciens chiites, se réclamant de Moktada Sadr, jurent pour leur part de défendre leurs positions. Ahmed Chibani, porte-parole de Sadr, a déclaré à Reuters que ce dernier dirigeait lui-même la résistance. La trêve conclue en juin après deux mois de soulèvement conduit par le jeune imam radical avait tenu jusqu’au jeudi 5 août. Mercredi 11 août au septième jour des combats, l’imam extrémiste chiite Moqtada Sadr avait appelé ses troupes à continuer le combat à Najaf même s’il devait mourir. Dans le quartier chiite de Bagdad et dans la grande ville du méridionale de Bassorah, des milliers de chiites sont descendus jeudi dans les rues pour protester contre l’offensive « finale » lancée par les Américains contre les miliciens de Sadr. «Vive Sadr, l’Amérique et Allaoui sont des infidèles !», ont scandé les manifestants, parmi lesquels figuraient des miliciens armés, des religieux et des responsables locaux.
Dans l’est du pays, où des affrontements entre policiers irakiens et miliciens chiites fidèles à Sadr ont eu lieu, l’aviation américaine a lancé jeudi des raids qui ont fait au moins 72 morts et 150 blessés. Le risque est gros que les militants chiites, dans un geste de désespoir, s’attaquent aux oléoducs. Le cheikh Assad Al Basri qui est le représentant de Sadr à Bassorah avait prévenu, mercredi, que les miliciens chiites feraient sauter des oléoducs dans le sud du pays si les forces américaines donnaient l’assaut contre l’Armée de Mehdi à Nadjaf. Un vice-gouverneur, Jawdat Kadam Najem al-Kouraichi, a annoncé sa démission pour protester contre les «opérations terroristes américaines» dans cette ville sainte chiite du centre de l’Irak. Les locaux du mouvement de M. Sadr à Kout ont été touchés par un raid, selon un de ses partisans, cheikh Mohammed Yahya, qui a précisé à l’AFP que personne ne se trouvait au bureau à ce moment.

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