Au cinquième jour des inspections des sites d’armement irakien présumé de destruction massive, la confidentialité absolue qui doit les entourer continue de susciter des polémiques.
L’ONU a admis avoir prévenu à deux reprises le responsable d’un site irakien d’une visite de ses experts, alors que la résolution 1441du Conseil de sécurité des Nations unies recommande l’effet de surprise.
L’Irak continue de clamer que les inspecteurs de l’ONU n’allaient rien trouver. Affirmation validée par le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique qui a estimé dimanche que les inspections avaient bien débuté, tout en précisant qu’elles étaient loin de pouvoir déboucher sur une conclusion pour laquelle il faudra «vraisemblablement un an». Les Irakiens continuent de répéter mordicus que le véritable objectif de l’administration Bush n’était pas de s’assurer que l’Irak ne possède pas d’armes de destruction massive, mais de chercher prétexte à une agression. Dans un communiqué rendu public dimanche soir, le Conseil Suprême de la Révolution islamique en Irak, groupe d’opposition chiite basé à Téhéran, affirme que des membres d’une milice d’un des fils de Saddam Hussein s’entraînent aux côtés d’un groupe d’Al-Qaïda dans le Nord de l’Irak. Ce communiqué survient quelques jours après que six organisations de l’opposition irakienne se sont entendues pour se réunir, courant décembre à Londres, afin de préparer la relève du pouvoir à Baghdad après le renversement de Saddam Hussein.
Pas très loin de la capitale irakienne, Washington sceptique sur l’efficacité des inspections, peaufine ses préparatifs militaires en mettant les dernières touches à un centre de commandement d’une technologie de pointe, au Qatar, qui va servir en cas de guerre contre l’Irak. La plupart des 600 membres de ce commandement central, qui couvre en fait toute la région du Proche-Orient, sont déjà sur place. En outre, 60.000 militaires américains ont été déployés un peu partout au Golfe, à proximité de l’Irak.
Des milliers de Turcs ont manifesté à Istanbul contre la participation de leur pays à une frappe américaine contre l’Irak. La Turquie, allié stratégique des Etats-Unis, seul pays musulman membre de l’OTAN, est opposée à une éventuelle guerre contre Baghdad, surtout depuis l’arrivée au pouvoir des Islamistes du Parti de la Justice et de Développement qui sont en principe solidaires de leurs frères musulmans tout en craignant une déstabilisation de l’ensemble de la région du Moyen-Orient.
En rapport avec ce dossier irakien, la semaine en cours est particulièrement chargée pour le Conseil de sécurité qui doit se prononcer sur le programme «pétrole contre nourriture», qui n’a été reconduit que pour neuf jours, la semaine dernière. Le Conseil de sécurité doit arrêter une position au plus tard mercredi son renouvellement en l’état ou non. Par ailleurs, c’est au plus tard dimanche prochain que l’Irak doit fournir aux Nations unies la liste complète actualisée de ses armes de destruction massive, comme l’exige la résolution 1441 de l’ONU sur son désarmement.








